Galatea Belga Broderies

Bienvenue sur mon blog . Un peu de ma vie mais pas nécessairement le plus essentiel…

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24 décembre, 2010

Tu es livre

Classé dans : Amore,Le coin des amis: R. Fachaux — galatea @ 15:48

Tu es livre dans Amore 44277241

Je feuillète tes tomes,
pages de langues et de lys,
citrines sous une véranda de châles et verrières
au spectre des mauves,
me trempant en ta flore,
deltas habillés de roseaux-pavots,
de cannes,
leurs sèves brunes et rousses,
toutes tes mises, tes allures,
l’île aux tilleuls,
et il fait bon respirer par toi
vers où convergent chacun de mes flots

Je t’écoute, je t’entends,
je m’abreuve d’une éhontée gourmandise,
laquelle t’esclaffe de gaieté comme te fait rougir,
à tes plateaux abondants,
tes platines où tu étudies les cohues alentours
pour imprimer tes livres des ferments qui se cachent souvent

Aimée,
ma faconde de fée,
tu connais la lueur du secret,
ses ficelles,
le rébus des arcanes,
et voilà des lustres,
le chat t’a donné sa langue

Tu apprivoises les campagnes du rocher,
tu fais l’école aux vagues,
et à mon pupitre en ta classe de flambées,
je ne me lasse de tes leçons
R.  Fachau

pseudo Lili La Ruche

www.lapassiondespoemes.com

R…uche je suis aux anges pour cette permission .

J’ai crée ce coin pour les amis chez moi et quoi pourrait mieux que toi y etre?

Merci!

Corbeillettes

lilia

 

D’un jour oisif
Pelure d’oignon
Date de l’envoi : 2013-05-19 00:42:17

Il est plume de pie
d’un jour oisif
où j’ai jardiné les pages
des poètes en exil
mélodiant l’amour,
la déchirure,
la beauté nue,
l’amertume
et la misère :
le propre de l’homme
et la farce des dieux.

Ah des chants
comme des semis de patate douce
ailée de corail
dans une brise de larimar ;
qui me parlèrent au-delà de la peau,
de la parole,
de la pensée,
telle une abeille brassant le nectar
de l’étrange fleur du cœur !

Les yeux mi-clos,
méditatif
ou peut-être mort au monde,
j’écoutais aussi les noces de l’épice
avec la feuille du théier,
les fables du ramier,
et l’herbe qui murmurait à l’air
les secrets de la terre.

Mais je suis resté au seuil,
au rang du brouillon,
car de l’âtre et du calice,
la mie,
la moelle m’échappent :

Ah comme j’aimais
et me manquent dans le soir
nos voix qui se nouaient,
ta langue que je buvais,
ta folle sagesse
qui m’offrait la belle faim,
des pupilles pour entendre,
des ne-m’oubliez-pas pour voir,
et un cœur qui battait !

Simplement
Pelure d’oignon
Date de l’envoi : 2013-03-09 00:24:37
Petite orisha des pluies,
l’onde en promenade,
ballerine,
doucement plume ton poème :

Ah moussons et gouttelettes,
la rosée sur la joue du muguet,
la chaude guitare
par le bois d’amourette,
la fleur de l’oranger,
sont les odes,
offrandes entières,
dont tu robes,
nuisettes ce monde.

Le ciel reste au ciel,
et la terre à la terre,
mais ton royaume, Belle,
est l’oeil lumineux de l’aurore
qui se pose heureux
sur la frimousse de l’eau.

Ah ton sein de pomelo,
rose ambré,
gorgé de liqueur de coprah,
tes lignes pures et marines,
tes murmures de saisons
où l’ipomée goutte de sang
puise la noblesse
de son incandescence,
ta moue d’écumes en galop :

Moi qui suis d’ouïes,
d’écailles,
tu m’invites à la soif :

Le thé même en toi voyage
pour brasser ses saveurs.

L’idiot qui aime avec un dictionnaire
ira dire que je fable.

L’imbécile pour qui vivre
est aller de tiroirs en tiroirs
médira que tu n’es
que de sangs et de chairs.

Volontiers je laisse places et parvis,
clochers,
à celles et ceux qui ruminent nos baisers,
voudraient nos lèvres mordues,
chiquées par de lourds pièges à loups.

Que la mer s’en vienne ma peau
et tes cheveux saler,
en la houle devenue coton,
faîte draps,
que je fleuve au canoë,
toujours je te vis sirène à son luth,
cuillère et crème,
par ton geste,
ton identité,
oh Amour,
d’étang,
de bayou,
de mangrove,
de grand large,
pluvieuse,
nourricière,
et je t’aime comme je nage,
te chante,
simplement d’évidence.

En tes lèvres
Pelure d’oignon
Date de l’envoi : 2012-12-03 05:17:13
En tes lèvres,
paille le nid
de passereaux élégants :
le tangara qui flanelle,
le guit-guit en émeraude,
le grisin qui étoile.Ainsi tes baisers sont de plume,
Belle,
effeuillent la gamme du pétale,
oh tout le nuancier des sucres.Que ne donnerais-je,
toujours,
pour une seule
cuillérée de ta bouche.

Ton sortilège,
ta magie de cocons,
n’a pas de fin,
Amour,
et tu te fais griotte
par la ramée de l’oranger
dans un soir indigo
éclairé de lune franche,
puis tu es le saumon,
ô l ‘agile argenté,
qui encre de ses éclairs
le poème de l’eau,
et tu te mues mangue,
ouverte,
et succulente,
aux joues de chairs de feu,
encore en l’éclatant midi,
te voilà le varan
empli de sagesses tranquilles
qui sieste et médite
au carbet
de la tendre ipomée.

Tu es la fascinante,
et l’onctueuse,
Belle,
la sorcière de la flamme,
grande prêtresse des sylves
et de leurs jades,
la félibre des houles.

Oh tu es l’énigme,
mon aimée,
dont je ne veux
connaître la clé
car je veux vivre pour toujours
parmi tes foudres,
en l’œil intempérant
de ton fleuve,
au creux
de ton émerveillement.

 

Ode pour existerA la mer
2012-08-06 05:32:48

Promets-moi un bonjour
quand le temps sera revenu,
oh si ce n’est de voix de pluies,
un signe de la main,
ou un de ces regards
que je suis seul à lire,
disant, en l’opaline simplicité,
« Il est heureux que tu sois là.
Tu chantes mieux, et vis mieux,
quand tu es près de moi,
et si je ne t’accueille,
cela je le sais, ne t’en inquiète pas »
…mais pas d’autres serments,
sarments de vignes merveilleuses
…pas une tomate, un thé,
pas un plat de crevettes,
vatapa ou le riz partagés,
pas un soir sous l’émeraude feuillée,
la promenade par le fleuve,
les pieds nus dans la mer,
pas une aurore au chant des tangaras,
une bière par un coin de bistrot
ou au devant de chez sieur l’épicier,
léger, petit instant de fête,
peut-être un peu complice.
Oh en toutes ces entités,
identités vivantes –
et je les goûterais tant
qu’en pleureraient les étoiles
mais que fassent le hasard,
et puis le bon vouloir –
tu brilles, et moires, immense,
jolie sorcière des eaux,
tu en es tout le cœur,
et l’âme,
l’olivine quintessence,
et si ce n’est pour d’autres,
la terre, le monde,
tu l’es pour moi, et ma vérité,
et la valeur qu’elle a,
vaut autant que le vrai, le pur,
de tout autre univers.
Moi, j’aime, de façon la plus nue,
ton aura, littoral d’aromates,
ton rire de frangipane,
ta pensée-caramel
qui va fleurant l’agrume,
ta gorge de magnolias,
ta hanche de safran
allant dessiner l’air.
Ton galop moineau fou
m’est tout un livre ouvert
tel que mes pas de gecko câlinant,
et par trop solitaire,
te sont lectures innées, faciles,
et je te nomme pierres fines,
madone aux passereaux,
d’air, de fruits, de houles, de pluies,
tout simplement car là est ta naissance,
que tu es qui tu es,
que sont ces drôles d’échos, miroirs,
me liant presque à toi,
et moi, j’aime tes halos
et sans rien demander –
et quel droit pour ce faire ? -
dans le plus simple offrir,
et donner pour donner,
tout le pauvre qui est mien,
le sultanat que j’ai,
comment nommer cela ?
Moi-même je ne le sais
peut-être là un mot, idée,
qui reste à façonner
d’une lutherie nouvelle.
Tu vis ce que tu vis mais,
sans théorèmes aucuns,
j’heureux quand tu es joies
et je triste quand tu peines,
tu sais tout ce que j’ignore
et moi, peut-être,
ce qui t’est loin d’abords,
voilà jolie salade, rougail,
pour vivre, au plus simple,
et vivre un peu plus fort ;
et non pas de promesses,
ni n’en demande,
et ni n’en souhaite,
mais promets-moi un bonjour,
s’il te plaît, belle pincée de sel fin,
pour me faire exister par l’eau,
le feu, la terre et l’air.
Moi, je vis d’un rire d’enfant,
un petit bout de poème,
d’un peu de pain et de pastèque,
et dans l’aurore qui mauve ;
de tout ce que je sais,
je ne sais pas grand-chose
hormis cette clarté,
de mangues, et d’ambres,
et de bougainvilliers,
qui émane de toi, ma Belle Amie,
cette clarté fluviale, toujours,
où j’aime à me baigner.

 

La visite
A la mer
Date de l’envoi : 2012-07-28 06:47:25

Une onyx généreuse flambe
par l’écrin de tes yeux,
et d’un saut de puce en liège,
tu fais respirer le vin, camarade,
puis tu me tends les hématies
cueillies aux veines du raisin,
et tu es là, amie, et tu voudrais,
toi, géante, là petite fille à l’oracle,
que je te dise en quels vents, voiles,
la traversée de la nuit du chagrin !
Non, je ne puis rien t’apprendre,
tu ne m’en vois pas même désolé,
je n’ai jamais été qu’un fils du silence,
tigre égaré, rôdant, loup dans le piège,
graine de gibet, iguane bon à pendre.
En moi, plus que blessée, agonise l’âme
et mon cœur est une nèfle gâtée, cariée,
que courtisent les griffes de l’incendie,
la papillote se déchire : n’entends-tu pas
le tambour tapé pour son dernier soupir ?
Non, je le masque, et le farde, l’enterre
sous les rochers de mes moues de plantains,
pantin, et lors, je n’ai médecine pour te guérir.Va t’en voir, au fin fond du port,
écouter les liqueurs-sortilèges,
oublie-toi, va te salir, peut-être,
en des draps qui insultent l’amour,
va t’en te faire saigner à blanc,
et exsangue, y auras-tu tout perdu
de la beauté mais aussi un peu de mal,
peut-être, va t’en te perdre en des hasards
où la chance est une lèpre, à en vomir
le moindre baiser, en vomir la moindre caresse,
va t’en aux leçons du clou, de l’acier, du fer,
et peut-être que l’enfer te sera berge de rivière,
va t’en faner, et d’hibiscus, de trèfle et de lilas,
par les terroirs où on torture, on assassine le bois
et peut-être que le froid te sera bien seyant manteau.Moi, le perdu, le sot et l’ignorant, je n’ai de clés pour toi.

Oui, tu peux aller, maintenant, hurler, crier ta larme folle.
Moi, je m’en vais, ivre, attendre que le matin m’immole.

Pèse le soir

 

d’atlantique
Date de l’envoi : 2012-05-30 05:06:18

Spectres, poisons anciens,
irritante toux des enfers,
cendres venant, revenant
dans le roulis du chagrin,
vous faîtes bonne cuisine
de mon âme d’anones et de noix,
de mon cœur d’elfe désemparé
loin de l’eau, de la feuille, de l’écorce,
et ce corps…qu’est-il d’autre
si ce n’est la tombe, le sépulcre,
de l’amant perdu ? Et à feu vif,
je cuis, rôtis, rissole,
tailladé, coupé, découpé
en vos fours et marmites,
céramiques livides, éraillées, fers douloureux,
pour le déjeuner de l’œstre et de la poussière sale.

Le rêve et l’espoir sont des denrées mauvaises
que le vivre et la terre,
oh de ce que, seul, j’en connais,
ceignent dans des cocons de barbelés,
de ronces d’aciérie,
qu’il m’a fallu avorter et bannir ;
trop de mal dans l’espoir qui meurt,
trop de plaies ouvertes aux alertes éveils
dans le rêve qui pourrit sur sa branche,
et si Dieu a vie, ce que de lui je sais,
c’est qu’il est un omnipotent fils de pute,
escroc et voleur,
penché sur des yeux souillés ;
je pleure des abeilles, des mabouyas, des chien de mer,
et mes baisers, tous, se brisent sur le faciès du ciment.

Question : où s’en va le soir quand le matin n’existe pas ?

Au bain d’un jus noir,
je fonds, me liquéfie dans le sombre arpège
de la dernière cuillère…

Amie, tu poèmes la rhubarbe,
les clochettes d’un triste muguet,
l’espoir tel l’aubier du bois serpent,
et chevauches la plaine,
le dos de l’aromate fluvial,
sur ta monture d’orgeats aux sabots de silences.

As-tu trouvé loge aimante
dans le ventre d’un loup ?

Travailles-tu la glèbe,
l’étal ou le papier ?

Coiffes-tu la chevelure
de la sirène des menthes
par ton geste d’opale ?

Offres-tu au monde
pain de sucre nouveau
dans le vœu et l’alliance ?

Le diable me dit que tu as changé de terre,
de pays,
que tu as jeté la dernière pelletée de gravats
sur les minéraux fragiles que je tais,
au secret,
et pour les protéger des corneilles,
dans ma forteresse de pierres.

Les autres, la femme et l’homme,
ont malles pleines de talents,
de beautés,
de richesses,
et si je ne le renie pas,
que je sais contempler leurs éclats,
ils m’ennuient…m’ennuient
comme si je patientais que le coquelicot
éclose sur la banquise.

Je cueille, sans appétit, les œillades
de jolies langoustes électriques,
leurs souhaits de mélanges,
je partage quelques fariboles
autour d’une tasse de thé,
je grange pièces et billets
dans mon porte-monnaie
au parmi des compères,
je mange, et bois, et dors,
comme tout un chacun,
et je ne m’y retrouve pas
à voyager la meute,
moi dans mon drôle d’herbier,
moi qui voulais bâtir
dans le partage des crevettes
au devant de la mer,
moi qui ait toujours préféré les citrons
au clair de ta rivière.

« La vie est pleine de soleils,
mon enfant,
et aussi de ténèbres… »
m’a dit un Van Helsing
dans un soir qui transpirait le vin.

Vivre est un flot rugueux
qui emmène loin, loin,
et il n’est pas de réponses,
ainsi soit-il :
j’ai repris mon manteau,
mon paletot d’avant…

Me manque,
brûlure qui s’étage,
ton écho, ton reflet,
les oiseaux par tes traits
et de cœur, et d’esprit,
où je touchais du doigt
la sagesse des violettes,
et je n’ai ni pourquoi,
ni comment,
pour me justifier,
hormis poser ce poème,
en hommage, Amie,
dans l’arbre printanier
de la maison des livres.

« La vie est pleine de soleils,
mon enfant,
et aussi de ténèbres… »…c’est une tirade de l’acteur Hopkins dans le « Dracula » de Coppola, enfin, de souvenirs, donc à vérifier car je suis un cinéphile en carton et que le cinéma me donne la sensation d’être un petit pois dans une conserve trop petite(rires)…je dois être un peu claustro sur les bords.

« dans l’arbre printanier
de la maison des livres. »…petite référence aux « arbre à poèmes » qui doivent grandir un peu partout dans les médiathèques, bibliothèques, et autres, du fait du « printemps des poètes », comme chaque année, et que j’aime bien fleurir personnellement, quand j’en trouve un.

 

 

 

 

Poème semé pour l’amie
d’atlantique
Date de l’envoi : 2012-04-07 07:19:27

 

Le pain fleurit dans les boulangeries,
la mer, quelque part,
repasse le
costume d’un crabe,
les amants heureux
font l’amour dans le petit
matin,
et je triste tout bas en marchant dans la rue.

Le papillon de
cendre valse
à son bal de pitreries,
un pêcheur hausse une truite, un
congre,
la sieste bat son plein
sous les feuilles des carbets,
et je triste tout bas en marchant dans la rue.

C’est la cérémonie des fraises

pour les nouvelles reines
des premières nations ;
d’autres reines,
ailleurs,
choisissent leur nouveau nom,
et je triste tout bas en marchant
dans la rue.

On cueille le lait et l’œuf,
affine le fromage,
on
couleuvre l’amer manioc
pour le couac,
en Caucase, chauffe la confiture
de nèfles,
et je triste tout bas en marchant dans la rue.

Elle termine
un roman italien,
ou sirote son thé des Indes,
coiffe la déesse qui
veille sur la menthe,
ou chante à en satiner l’eau,
celle qui me fait
miroir,
et je triste tout bas en marchant dans la rue.

La petite école
est au jour du repos,
le pommier entonne
sa messe de miracles,
cobras
et mangoustes marellent,
médite la loutre,
et je triste tout bas en
marchant dans la rue.

Une neige n’en finit pas
de modeler son argile
blanche,
un vent porte un aigle,
une perruche, un caracara,
un soleil
fait grandir l’agave,
et je triste tout bas en marchant dans la
rue.

Derrière des fenêtres,
une famille dresse la table
pour le
repas du midi,
ou à l’orée des torchères,
à l’ombré des palmiers,
et je
triste tout bas en marchant dans la rue.

Un chien, malamute ou
malinois,
joue sur la plage avec un bout de bois,
rêve la rainette en son
sommeil tout vert,
la maniguette et le basilic
sèment l’air de leurs
refrains de joies,
et je triste tout bas en marchant dans la
rue.

Etcetera, etcetera, etcetera…
D’Atlantique 28 mars 2012

Soupir à la volée
Février
Date de l’envoi : 2012-01-27 07:51:22

Me diras-tu, toi, spectre,
hôte implacable,
s’il est une porte ou une allée,
ne serait-ce qu’un soupirail,
pour, dans un silence complice,
siroter le thé quand le soir se prend de naître ?

Je ne sais ce qu’est un patio,
une maison,
j’ignore tout de la famille,
du foyer,
je n’ai pas d’idée sur l’ami ou l’amour ;
je ne suis que moi et j’aime comme je suis,
et j’ai quelques rêveries…

Je prie un soir,
un soir de thé,
ou peut-être une bière,
pourquoi pas,
un soir de thé ou de bière
dans un simple fauteuil en bois
et dans une nuit qui descend enchantée des anoures,
des criquets,
humide des chants du fleuve,
l’ixora prenant nuisette et le varan,
brin de repos…

…et je serais pieds nus,
vêtu de peu,
comme je suis bien,
d’un simple bermuda et toi,
d’un chemisier,
d’une robe,
toi,
tu seras seulement toi,
la plus délicieuse volupté qu’une vie ait à offrir…

Un soir où rien ne se dira,
hormis cet immense soupir de contentement
où,
dans un geste jumeau,
nos lèvres vogueront au goulot,
et nos regards croisés dans un simple sourire
qui sera bien plus grand que le plus grand des discours
et là,
toi et moi,
dans un silence n’enviant rien au charnel,
la lune mauve,
la chauve-souris,
et mabouya courant seront comme des points sur des « i »,
des barres sur des « t »,
de simples fioriture de grammaire,
en un sens,
juste pour dire,
et sans vraiment le dire :

« C’est bien que tu sois là,
c’est bien,
et bon,
et juste parce que c’est toi. »

L’épouvantail
février
Date de l’envoi : 2012-01-17 04:11:22

Lundi, et jeudi,
et mardi ;
miroir de miroir
dans ce lieu-dit
où le premier chant du merle
est un chemin de noix brisées,
où le loup,
dans son pleur,
suffoque sous les moqueries
d’une lune de granit,
et l’usante fatigue de ne pas mourir
alors qu’il n’y a guère à vivre
que des cadavres de sansonnets
dont les ossements craquent
sous des pas feutrés,
et un savon de ricine brossant la langue,
la morcelant
en d’épars lambeaux d’amaryllis flétries
pour le sacre d’un cœur et d’un corps inutile
aux mains sans talent
dévoilant leurs sottes veinures
dans les impérissables échardes de la clarté.

Je ne suis pas île,
ou étang,
ni même un bosquet d’ajoncs
pour que vienne se reposer,
un instant,
la voix de la chanteuse
qui demeure dans la chevelure des blés
et l’ipomée majestueuse,
et comme l’arbre qui se tient
dans sa mort idéale,
solennelle,
je fais fuir les oiseaux,
et la mer,
et la brise des coriandres,
avec ma carcasse d’épouvantail
pétrie dans la tendresse idiote
et le vœu des rubans.

Le printemps ne reviendra pas cette année,
il en a terminé avec moi,
mes folies d’ombrages sous les cerisiers,
et l’hiver est une ville
où je suis de toutes les adresses,
recroquevillé tel un arbrisseau de cendres
et ramures de pendaison
sur ma paillasse de forêts incendiées,
épineux draps en glaciers,
en attente de ce dernier soupir qui tarde à venir.

Tu descends
fifrelin
2011-11-23 18:52:32

Tu descends,
et c’est une vieille habitude,
tu es comme le lundi,
le mardi,
le dimanche,
tu reviens,
et tu tombes,
abrupte,
ou prends le visage du flocon,
tu t’essaimes tels grains légers de blé noir
prenant vite l’épi,
ou d’une lente pantomime,
et sirotant,
lampant jusqu’à l’ombre,
et tu t’invites,
timide écolière qui s’avance pas à pas,
ou pareil à l’ogre,
tu te répands réclamant tout pour tes mâchoires,
ta dent,
ton estomac.
Tu as le cérémonial changeant,
selon que je te parle portugais,
créole,
avec mon babil de russe,
ma mauvaise éducation et mon français mauvais,
tu soignes tes effets,
Nuit,
avec ton cœur où gonfle le levain de l’assassin,
tes bougies tièdes,
leurs fragrances de grenats
et de roses,
de feux-follets fiévreux dans les héliconias,
avec ton soupir plat,
ou de visions mauves,
opalines,
une boutique d’oiseliers
dans la ruelle des paupières closes,
avec ton accent de suées froides
lors de cabrioles crispées,
avec ta salive de hantises qui veillent,
de rats vagabondant la veine et le ventre,
avec ton vélin,
soyeux,
où glisse une plume en paix,
avec ta hotte de chats,
de grages,
de hiboux curieux,
avec ton œil jaune,
ton samovar de baisers,
de demi-sommeils entrelacés,
de pleurs,
de morts muettes.Tu es une grande indécise,
Nuit,
cruelle et candide,
tu ne sais jamais quelle robe choisir,
et tu triches,
toutes tes cartes,
tu les gardes dans ta manche,
et comment puis-je te faire confiance ?Tu fais l’abri au loup
comme éclaires le fusil du chasseur !Oh ! Je sais que tu tristes…On te vénère,
tu es maudite,
Nuit,
cela n’est pas neuf,
mais on ne t’écoute pas,
jamais tu n’es conviée,
petite jumelle de l’aube :Ils ne se parlent que d’eux,
les autres,
derrière leurs rideaux
où brasille une lampe discrète.

Moi,
j’ai lu nombre de tes livres,
j’écoute tes plaintes et tes concerts.

Viens,
je vais t’offrir un thé,
je m’essaie à quelques recettes,
tu m’en diras,
honnête,
les goûts et les bouquets.

Mes draps sont secs,
Nuit,
la mer me fuit,
j’ai du temps avant le chien,
le merle,
et le coq,
viens,
tu me diras ton âge,
ce sera un secret bien gardé,
et bavardons de l’entier,
du néant,
de la peine qui se tait,
digne,
du faux chagrin qui se hurle,
de la joie bondée,
aussi,
ainsi que deux amis,
et je te dirais les nuances,
les fines et les intenses,
puisque jamais on ne te les dit,
à toi,
qui a les yeux vairons,
et noir, et gris.


ô Joie
2011-09-06 17:01:55

Ô Joie,
par quelle pirogue
es-tu partie ?Quel bras de fleuve,
de l’Oyapok,
du Maroni,
s’est-il de toi nourri ?
Ô Joie,
petite danseuse,
je te cherche,
te guette,
dans l’ipomée,
la frangée chevelure
du palmier,
et ne retrouve pas ta pépite,
ton or brut,
ton cuivre lumineux,
et du Grand Nord aux Amériques,
si souvent,
on te vole à moi,
almée,
on me chasse de tes éphémérides
et je suis,
par la fêlure,
piétiné,
comme la terre est souillée
par la botte arrogante du soldat.Ô Joie,
reviens vers moi,
et seulement si cela te sied,
nous avons à parler,
le ton ami et aimable,
il me faut te dire,
te demander,
et je n’ai guère
que d’innocentes doléances,
quelques requêtes
de sur mon bout d’enfer.Ô Joie, fille de Vie,
va ! Interroge ta mère,
avec courtoisie,
sur le pourquoi de l’ombre :Pourquoi la porte close
et verrouillée ?Pourquoi, Belle,
la route me la prend ?Pourquoi, jour à jour,
n’en suis-je pas digne ?

Pourquoi le noir manteau d’ifs
qui me descend sur le cœur,
à le tordre,
l’essorer dans la poussière de fer ?

Pourquoi la lutte du pauvre
à la mairie,
et qui doit se cacher ?

Pourquoi l’enfant arraché
au sein de sa mère ?

Pourquoi,
de Belle,
de son flambeau,
son diadème,
m’enlève-t-on le magnolia,
le bois d’acacia et le bois rose,
ses chapelets de passerins,
de tangaras,
de vanneaux en voltiges,
l’encens de sa nature ?

Pourquoi s’abat la hache
sur l’arbre que je désire planter ?

Pourquoi l’amour et le courage
sont-ils fouettés
dans le panier de la misère ?

Pourquoi l’arrivant ignorant,
et le mercure,
le pesticide,
s’enrichit-il de la terre qu’il maltraite ?

Pourquoi la sangle,
le cuir,
le harnais,
sur l’élan pur et noble ?

Pourquoi,
Belle,
le bateau et moi,
l’île orpheline ?

Pourquoi si longue l’attente,
le retour,
le revenir de la soie,
de la plume,
de l’épice,
mon ardoisée bulle aux féeries ?

Ô Joie,
menue nymphe de l’étincelle,
revigorante,
et fraîche comme ardente,
ce jour,
peut-être que tu n’es pas pour moi,
que tu me reviendras,
peut-être,
et lors,
dès l’aube,
demain,
je t’attendrai.

Je l’entends
Richard Fachau
2011-08-

L’astre, la paupière de l’aurore
mirant le déjeuner des oiseaux
ou le fanal, haut, accueillant la prière,
la confidence,
est une pièce de monnaie
que tu fais sautiller sur la pointe de tes doigts,
une bulle de savon qui cabriole, agile,
par la céramique,
le grenadine émail de tes paumes qui,
doucettement,
baillent,
adorables saumons nageant le fleuve,
ma jolie magicienne.Un peu secrète,
à l’énigme muette,
telle une petite fille au jardin ou, silencieuse,
sous le préau de la cour de l’école,
tu joues aux osselets d’avec la flore sidérale
et qui étoile,
un stellaire carnaval,
s’enorgueillit de consteller comme en mai,
le pollen,
par l’herbier de ton geste pétillant.Tu pleures,
parfois,
et ne diras pas que tu pleures,
tu larmes loin au derrière de tes yeux,
et il reste que je l’entends.
Gaie, fraîche, libre étourneau,
et cavalière des juments sur la colline aux rosées,
rissole ta nature d’aromates,
de rhubarbes glorieuses,
et il reste que je l’entends.Je ne souhaite, de toi, ni fauteuil, ni couronne, belle,
rien de ton éclat que tu ne veuilles m’offrir,
me tresser,
il est seulement que je te papille et que j’aime,
de toi, ta lampe, ton murmure,
prendre le bain et la mélodie,
perçant la sombre nébuleuse ou nous promenant,
curieux et tranquilles,
au gré de pépinières sémillantes, maritimes.Et si d’amour, ma menue dame aux immenses harmonies,
je te tendre, te fièvre et t’estime,
il est qu’avant tout, de l’ami à l’amant,
je me plais à flâner, béni de tes arômes, les ares de ta campagne.
Je sais que
Lili la ruche
Date de l’envoi : 2011-06-16 08:43:16

Je sais que le temps meurt.Je crois que j’aimerais ton nom retrouvé,
dans l’antre d’un plus tard,
griffonné au rose,
de mon cœur suant la lavande,
et j’aurais le pleur doux,
galbe de raisins de Corinthe
au milieu de tous ces feuillets que,
jamais,
je n’ai trop su ranger.Je sais que la nuit happe.Je crois que j’aimerais la parure de l’étoile,
de mademoiselle la lune,
se déposant sur tes draps,
tes oreillers, nos meubles de chevet,
au souvenir des traînées d’or aux vallons de tes reins,
et je te chercherais,
et tu ne seras pas là,
j’aurais la main vide qui s’emplira de vide
gorgé toujours au feu, beignets de tes arômes, alors,
une nuit nouvelle encore, je serais à te chanter,
et cela juste pour moi,
et cela juste pour rien.
Je sais que le monde s’oublie.Je crois que j’aimerais m’en retourner à toi,
nanti de mon sale défaut de ne rien oublier,
j’aurais les yeux-buées
sur de discrètes myriades de longs sourires émus,
et je me parlerais de toi,
zinzolin pamplemousse,
pastorale fabuleuse,
ma semeuse de gemmes,
et je me parlerais du bon car, en outre,
il n’y eut pas de mauvais,
et je me parlerais beaucoup car, en outre,
j’ai toujours eu le cœur qui parlait beaucoup trop,
et j’aurais l’éclair plaisant mais chut,
je ne me parlerais pas fort,
en me disant que, peut-être,
toi non plus,
tu n’as pas oublié.Je sais que la vie est aveugle..Et puis je te verrais,
dans la rue, aux abords des étals, au mitan d’un sablon,
et si toi tu me vois,
j’en mourais là sur place,
et si tu ne me vois pas,
je serais foudroyé par plus grand que la mort,
et je te jouerais le jeu des glaces,
celui qui ne s’en fait pas,
mais toi qui si sais bien que je ne sais pas mentir,
tu seras sans courroux,
et nous nous parlerons,
un peu de tout, un peu de rien,
et vite fait, ou beaucoup,
et puis tu me laisseras partir et j’aurais eu de toi,
et j’en serais heureux,
un autre bout de toi que je garderais bien,
un petit bout de braise dans mon hiver sans fin.

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La boîte à musique
Lili la ruche
Date de l’envoi : 2011-05-02 02:31:38
Un coffret laqué d’auburn,
de muscat,
où pourrait aisément se coiffer la noctuelle,
l’abeille,
la pyrale ;
un coffret tenant dans ma main en conque avec,
par ses côtés,
d’inutiles petits pommeaux de cuivre
qui s’accordent à un fermoir doré,
un mince tiroir aussi,
pour une bague,
une gourmette,
un médaillon,
et rien de fioritures,
et rien de très malin,
hormis peut-être cette petite ballerine
qui à jamais travaille sa pointe sur « lettre à Elise »
en une agile toupie,
dès lors que doucement,
précieusement,
je soulève le dessus de la boîte.C’est vieux une boîte à musique,
et c’est sublimement beau,
et ça n’existe plus,
et j’y songe en songeant à tout ce qui est mort déjà.La jolie boîte à musique,
je pourrais la poser,
là,
sur la table de chevet,
et admirer la ballerine,
la danseuse étoile,
et je pourrais l’applaudir en clignant des yeux,
et cela me ferait du bien……mais je ne possède pas de boîte à musique,
et ni bague,
ni gourmette,
ni médaillon,
rien qui vaille que je m’en souvienne en somme.Je ne possède que la musique d’un pierreux silence,
un peu violent,
ce soir,
et je viens de tâcher mes oreillers de larmes,
et Ludwig n’en a copieusement rien à foutre…

Conteuse
Lili la ruche
Date de l’envoi : 2011-04-25 05:04:58
Est le silence,
un lingot,
cet espace suspendu à ta toute première note
pareille à l’abeille qui prend le thé de seize heures
en son jardinet de pétales,
et je te vois absorbée dans la contemplation de l’araignée
qui prépare son repas,
et moi,
le bienheureux de tout ce qui vient nager en ton œil
empli de curiosités si bleues,
je guette ta fable,
une autre de tes légendes à déguster par ton art de conteuse.
Souvent,
oh oui toujours est de meilleur aloi,
je te reconnais dans l’ancienne récitante de l’almanach
autour du feu et de la potée,
dans la marionnettiste qui captive l’auditoire,
le conquis des ficelleries dansantes de son tableau,
aussi dans le tambour battant le peuple sur la place du marché
pour passer la nouvelle,
et tu es mi-mage,
mi-chanteuse,
et un peu costumière,
tu vêts l’infime instant lui rendant sa grandeur.
De tout ce que je ne vois pas ou que je ne saurais voir,
d’une œillade azurée tu me tends ton « regarde »
m’invitant au théâtre,
au grand lac des vies,
et je jubile,
ma belle,
je fête,
je noce,
je kermesse,
quand tu me rends tes cueillettes,
tes gazettes et tes histoires,
et je pleure au pur lorsqu’elles sont tristes
et comme elles batifolent,
je perds les yeux de rire au creux de mon mouchoir.

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Mille milliers
Richard Fachau
: 2011-03-26 12:31:25

Mille milliers de tristesses
qui gouttent ou se taisent par les murets
fardant le poussé en son maquis,
les meurtrières à naître ou que l’on ponce,
vernit,
et par les gouttières,
les escaliers,
les pages élimées d’un triste et vieux journal jauni.Mille milliers de craintes suintant d’un berceau
et à l’heure de parler quand le monde se tait,
et qui se tiennent sous un lit au duvet assombri
par la trame d’un jour où l’on s’est tant chiné,
où l’on s’est tant caché,
en priant l’oasis au fin fond des fumeries.Mille milliers de brisures à la face du rêve,
de l’idéal patient,
pour sentir se craqueler de son cœur
et de sa bonne nouvelle devant l’armée de l’ennui,
l’insulte au frémir,
ses cris,
et les magasins de sommeils qui ont pignon sur rue.Mille milliers d’indécences et autant de traîtrises
à être pris dans la ronde
et poussé dans la danse,
à voir le plus humble des silences qui subit la flagelle
et que pas un ne tressaille,
ne vienne s’en hérisser,
et que c’est accepté à la même rengaine
qu’un bonbon à la menthe sur un verre de vodka.Et de tout ça…Mille milliers de bonheurs à percer bulles et ballons
aux valises d’une étoile qui toqua à la porte
pour chanter comme soi,
même si la note est fausse,
à s’en briser poumons sous ses propres tonnelles
et sourire aux dentelles séchant sous le perron
car tu ne les portes pas et m’invites l’hôtesse
puis courir la forêt et la plage et la vigne,
à égrener une heure d’un quotidien tranquille
et faire la nique aux démons,
aux cerbères,
aux harpies,
dans le riz et le thé et ma main pour la tienne.Mille milliers de trésors à puiser dans les livres,
aux lignes de ton fusain,
au creux de tes poèmes,
à rire de tes farces et malices à faire rire
et à trouver l’argent dedans tes pleurs intimes
comme à se sentir grand de sur un mot d’enfant
et à bénir ces vents qui t’ont porté vers moi
en gravant ton visage tout au derrière du mien
et à nager nos rives se liant d’abandons,
et grimper ta colline en taillant tes chardons,
à faire du bon pour le bon de ce qu’on s’est conquis
et du bien sur la lie devant nos horizons.

catego10

Mes jours sont de toi
Lili la ruche – R.Fachau
2011-03-14 19:55:41

Mes jours sont de toi
et la montre comme la boussole,
les aiguilles,
ne sont pas farouches pour me guider par ton royaume
de guimauves et de caramels,
d’ingambes jonquilles qui font pleuvoir naines blanches et cométaires
dans ma tasse et mon arabica.Tu n’es pas autour de mon café,
au labeur sortie,
mais tu résides,
l’inégalée,
par la petite table et notre large fauteuil,
et l’ariette de ton baiser embaume toujours,
ô la longue note de ta fragrance,
de ta viennoiserie,
le voguant à ma narine et mes papilles.Je frémis,
là,
de l’allant de tes bouquets,
de ta mie,
sur et sous le fourreau de mon corps,
et indécis,
je frissonne,
ici,
car je ne sais si mon vœu est de te faire l’amour
ou de choyer,
toute une éternité,
ta peau qui se repose,
l’effleurant pour imprimer ta vie au sommet de mes doigts.Mes jours sont de toi
et je vais à la douche,
et en chaque goutte qui choit,
ruisselle,
il y a de ton onctuosité qui seule a don de me laver,
de m’apaiser,
de me conduire vers les halitueux arpents aux cerisiers.Je me sèche…mon peignoir,
ton nom que je chuchote,
et je fais glabre ma joue,
et bien bon me mise,
me coiffe,
et seulement pour te plaire,
t’enjôler et te plaire.Ô mes jours sont de toi,
mon amour,
et j’attends ton retour,
et tu es toutes mes heures et leurs émois voyagés.

Quand la faucheuse en sera à me vanter les bienfaits de son baiser,
avec civilité,
je l’écouterais me faire l’article et du temps qu’il me reste,
sans aucunement me dérober à sa voix,
j’emplirais le baluchon que je puis emporter d’un peu de coton,
d’osier,
de paraffine,
et la toute ancienne mère vers laquelle le sang qui a vécu revient,
je le pense d’innocence,
ne me tiendra pas rigueur de la fratrie d’allumettes que j’aurais dans la poche.

Je prendrais place dans sa charrette, son coche ou son carrosse
car il est vrai que nul n’a savoir de grand-chose quant à la mise de son attelage,
et les anciens vivants sont peu loquaces,
et puisque ce jour,
je ferai bonne figure dans la foule des choisis,
elle m’emportera par son chemin et ira donc me déposer où bon lui semblera.

Je marcherais dans la mort de la seule façon dont j’ai jamais su marcher,
flânant éclairé à ton chant,
léger et simplement vêtu,
cueillant les fruits qui se présenteront à moi et,
sans par trop m’avancer,
je ne doute pas que certains s’incarneront bien noirs mais qu’encore,
beaucoup seront de la famille de la myrtille ou enfantés du framboisier.
Et bien sûr,
j’aurais le cœur lourd,
si lourd de t’avoir laissé,
et crevé de larmes,
comme lorsque tu n’es pas près de moi,
comme lorsque mes moments ne se fondent pas en tes moments,
mais j’aurais de l’outil,
et un peu de malice,
pour te montrer que par-delà le chenal, mon amour brûle et survit.
Le corps ne me retiendra plus et dès lors,
il me sera facile d’être ballon,
et je monterais,
monterais,
je monterais plus haut encore
pour aller me percher à une branche du soleil qui aime à tutoyer la lune.
Avec patience,
je tresserais une natte d’osier qui rappellera nos fauteuils jumelés
et nos livres,
notre lit et nos jeux partagés.
Puis,
je m’y poserais,
doucement,
me changeant cette écharpe à la croisée de tous les vents,
et je serais ému de te regarder rire,
vivre,
ou dormir,
comme je l’étais le faisant si souvent.
Du coton et de la paraffine,
je modèlerais chandelles et duos de bougies de romances
et fouillant ma poche,
je me verrais si content de trouver à vivement les embraser.
De mon nid,
je te contemplerais,
à vieillir toujours plus magnifique,
et je serais heureux que tu prennes ton temps pour venir me rejoindre,
et je ferais pleuvoir, si je le peux, des liasses de vers amoureux sur ta nuque d’orgeat,
tes yeux de lys,
et ta bouche d’amarante aux heures où la frontière entre réel et rêve se fait la plus ténue.
Je serais une flambée qui scintillera pour toi au lointain, et sans jamais s’estomper,
pure et éternellement attendrie,
et me regardant vibrer ou vaciller,
tu sauras que je ris toujours à tes farces et pleure encore de tes chagrins,
m’enivrant sans fins de ton corps que viendront me jalouser les saints.

Elle a l’art du soleil
Lili la ruche
: 2011-02-11

Elle a l’art du soleil
et l’adresse de chacune des étoiles qui pétillent dans le firmament
pareilles à l’agrume baisant l’eau de seltz
est couchée dans le calepin lié à l’arrondi de son poignet.
Elle a l’art du soleil,
de le faire,
de les faire exploser en myriades de pléiades
suintant des aurores véloces et fortunées dans le puits de mon heure.
Ainsi à mon cours,
ainsi à mes ajours,
l’alentour de mes sommeils aussi qui la traversent,
la lisent,
la devinent, la pantellent.Elle a l’art du soleil.
Mon âtre s’allume de sa mèche et ses tisons
et je me chauffe à son charbon allié de l’écu, du tantale, du cobalt,
de lueurs halées aux marmites sidérales.
Elle a l’art du soleil.Elle est ce phare colossal enluminant mon pavillon,
les carrioles qui s’en élancent.
 R….uche …tu me fais pleurer…

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Nourrice
R…. Fachau- Lili la ruche
2011-01-30 17:14:09

Tu es la nourrice
des anguilles en pèlerine de griottes
et chocolatines qui traversent ce métal,
par quelquefois,
me faisant la tente et l’ossature.
Tes manières sont nébulosités,
talcs et langes
asséchant l’inquiétude
à l’amener vaine,
stérile,
et sous ta ronde,
fuient le tiède et le fade
alors que je sieste en clairières de braseros
toujours prêts à croître.
Tu es la nourrice des gréements
par lesquels mes humeurs si volatiles
se tiennent sages dans les cales
tandis que je vogue,
sur tes notes,
de la pêche à la plaisance.
Et si je n’ai ton génie de la belote,
si je n’ai ton déliement,
tu me les destines,
me partageant ton pouvoir
sur les augures
et ce qui suit.Je suis ton obligé
.Et ne m’enlève pas ton ivoire crépitant,
tes lazzis si justes et rassurants,
ta drôlerie à pourfendre les fers
et les plus insidieuses tortures.
Tu es la nourrice tricotant ma paix
et mes refuges.
Et ne m’enlève pas ton esprit vengeur
qui rend justice
au colibri et au moineau.
J’en périrai.

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Là,
je vais sans drames, sans heurts,
sans une ligne froissée tapissant le fond de ma poche,
sans un faire-part d’insultes,
sans un mot d’excuses,
sans un galant billet,
sans venin farandolant dans mes artères,
sans cahots, sans colères,
évidé,
moi qui toujours se promène si lourd de petite monnaie :

Ma panière est un adiante dont le cœur a séché,
roussi,
sur les bribes d’un rouleau qui a brûlé ceps et sarments.

La vigne est plate,
le vin n’ira que rance.

Là,
usée poupée vieillie,
épouvantail,
pantin cassé,
j’allaite le dallé d’une ville qui ne me dénonce plus
et se farde l’anonyme :

Ses panonceaux supportent des noms qui me sont étrangers.

Je ne comprends pas sur quels sujets peuvent disserter
tous ces monuments que mon pas vient effriter.

Vaguement,
je pense me souvenir qu’ici,
résidait un caviste amène et sympathique,
ici,
se dressait une laverie où les urubus et les mulots
lisaient d’un même œil les mêmes journaux,
ici encore,
se tenait un maraîcher dont le tablier importait du Maghreb,
de l’Andalousie,
sur la nordique route du sel.

Là,
je ne constate qu’un creuset où macère
une bouillie aux borborygmes informes,
marmelades de grisailles et copeaux de poussières,
et je ne vois pas âmes,
ni âges,
ni passes de ballets,
qu’un lierre mouvant,
interrompu puis faisant corps,
et je n’entends,
n’odore pas plus,
et rien ne se présente à mon toucher.

Là,
la rumeur du vivant ne me tend aucune étreinte,
aucun baiser :

Je me demande si je n’ai pas omis de me rendre
à mes propres funérailles.

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R. Fachau

Le savant et le petit valet de coeur
Lili la ruche
Date de l’envoi : 2011-01-27 07:16:16

Il s’est présenté à moi
en sa blouse de voleur,
brandissant une dignité toute patricienne,
traînant son sac de chiffres
pour m’imposer son discours de l’atome,
et il s’est offusqué que je ne l’écoutasse pas.
Enragé,
consterné de mon malingre intérêt
pour sa plaidoirie sur les gaz, les ions,
la chimie de l’organe et de la matière,
alors que d’autres l’adulaient
et la récompensaient de louanges
qu’il croyait fermement mériter,
il m’a jugé en sot,
il m’a jugé en esclave,
et sur moi fit fondre sa colère.
Une colère qui lui fut payé
en sourires,
et je m’en excuse,
un peu narquois.Je ne crois pas que les avions volent,
lui dis-je,
ils ne font que se soulever du sol
et avec tant de violences
que cela fait honte à la terre
et au boire et au manger qu’elle nous alloue.
Les étoiles ne sont pas des chaudrons en ébullition,
lui dis-je encore,
ce sont des postillons de chouettes,
ce sont des perles parant la longue tresse du soir,
des yeux de nymphes qui larmoient tendrement
sur le lit du nouveau-né,
des cartes de vœux ouvertes par nos prières,
d’exquises éclaboussures jaillissant
par les sexes mêlés des amants épris.
Il me répondit que j’étais l’égaré dans le désert,
un ascète isolé se dérobant à la vérité.
Le désert est une aubaine,
lui déclarais-je pour finir,
il est riche
et on peut s’y nourrir,
alors que vos illuminations tancées
ne tendent qu’à appauvrir,
et quant à la vérité,
pas un enfant ne parle ni ne rêve
d’une quelconque périodicité élémentaire,
ils devisent tous de gazelles dans les nuages
et de lapins amusés dans le vent,
ne vous a-t-on jamais appris d’où émergeait la vérité ?
Et je suis sorti,
refermant doucement la porte sur ses cris.
Lui,
la foule m’a raconté qu’il continue de tenir l’estrade,
avec véhémence,
et qu’il reçut quelques médailles,
et qu’il est triste,
reclus dans une solitude douloureuse,
qu’il patiente de mourir.
Moi,
il me semble encore que je suis né ce matin,
et vivre ou mourir m’importe peu
car le gazon d’amour pousse toujours plus haut,
et pour moi,
l’inintelligent mortel jouissant de la pureté la plus simple,
les étoiles n’ont pas de fin.
Là…tu joues le poète 100/100 et nous fait tomber aux pieds de l’émotion…esclaves de la sensibilité et nous devenir adorateurs du mot qui transperce et laisse une trace impossible à détecter mais qui existe…Voilà nous entrés dans les domaines de l’impalpable, dans le noir du non scientifique qui nous fait être vivants et pensants…qui communiquent.Merci.PS j’ai un peu joué…mwahaha…mais pas trop !!Corbeillettes

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Recueillement pour pas même une épitaphe

De la latte imbibée par la leçon des sorcières,
où je couche,
opaque au repos,
montent vapeurs de conclave

Des bouches qui dardent leurs trop-pleins,
disertes, arrogantes ou en baiser d’ange,
éplorées, cisaillées de murmures,
tordues de mal, fébriles ou menaçantes :

- « Conte ce qui nous somme d’éclore,
l’origine et l’enfantement,
et nos quelques pincées de délivrance ! »

Je ne touche jamais que l’écaille des lentes

- « Courtise nos mâchoires et nos fluets arômes, là,
sur le nœud,
du collier, de la herse !
Sache que nôtres sont l’arche et l’artère… »

Les bris à la pesée, je transvase sans écopes alors,
garder la vue…

- « Etalonne nos drapés, chemise, alèse !
Nous aimons en redire…nos courtoisies,
même assourdies,
grondent, et si grasses, n’est-ce pas ? Tamise…un rossignol ! »

J’envisage l’hiver, la taïga, des alezans sur roues de parme,
les giboulées, et belle, des camées à ne plus en achever

Je profite,
comme nappe,
de mes hameçons en ces psaumes

Ce qu’il adviendra du recueillement :

Une gravure,
un ciboire,
une autre triade aplanie dans le vide…bon pour du petit bois de chauffe !

Un poème pour rien
Lili la ruche
Date de l’envoi : 2011-01-23 05:02:35

Le long de la digue,
d’immenses dalles rosies,
polies,
attendent les estivants prochains.Ici, mes oniries lapidées ont giclé de leur cage,
parcourent ma chevelure,
veulent s’extirper des mailles de mon bonnet de laine noire.Elles ne désirent aucunement satisfaire à l’envol,
juste,
trop à l’étroit,
se faire un peu plus de place.Avril ou Novembre, peu importe,
les étendards de nations sont en amour d’avec l’Escorche-river,
en face, à quelques encablures,
des hommes et des femmes prennent leurs cafés,
le carrousel ne tourne pas encore,
les sauveteurs n’en sont pas à leur premier quart,
les navires marchands continuent d’incruster, au large,
leurs tôles rouillées,
leurs traînées d’immondices,
je reconnais les promeneurs matinaux,
ce sont souvent les mêmes,
nous nous saluons d’un mouvement de tête,
les pêcheurs installent leurs matériels, sur le sable,
tandis que d’autres sont en quête d’appâts, sous le sable,
des chiens s’ébrouent, se secouent,
un couple, devant moi,
s’amuse à la balle avec l’un d’entre eux,
un husky tire un pneu de camion,
un amant éploré, certainement,
larmoie sur le banc,
patrouille de police et cyclistes,
des retraités et des plus jeunes
qui promènent un carton de bières…Le ciel n’est pas foncièrement honnête,
et bien que le jour n’ait pas fini de grandir,
la nature,
ses oiseaux et sa mer qui recule,
fuient déjà ce que nous sommes…Ici, je suis un fragment de tableau,
ivre ou à jeun, je ne sais plus,
il suffirait d’un trait de pinceau pour que je n’eusse jamais existé.Ici, je suis toléré,
et il m’est interdit de me fondre,
de me poser.Je remonte mon col alors qu’elle me sert plus fort,
ma peine frivole bien que loquace…Il y a ce quelque chose d’horrible
à être reclus dans le giron d’une tristesse qui ne s’est jamais présentée,
une idée de la honte et de l’usurpation.Discordance entre la cause et l’effet.J’ai ce don inutile de mettre à bas toutes les équations du monde !

De la gargote

De la gargote, tu charpentes l’auberge,
ses bancs tranquilles aux gaies ou pensives assises,
ses plateaux,
ses coupes se promenant par la salle,
emplis en luxuriance de mets aux succulences certaines

De la masure, tu façonnes ce castel où les fées ont leurs couverts,
où les demoiselles s’endorment
dans des donjons décorés de rideaux et fleurs de saison,
des hivers aux printemps,
où tintent des verreries de fêtes comme de soirées paisibles
parmi les fables en lesquelles licornes et vouivres
ne sont ni par trop aimables,
ni par trop cruelles

La semaine est un dimanche,
toujours ce jour de messe qui me voit communier
avec les grandes amplitudes de clairvoyances
qui s’échappent de tes psaumes,
de tes versets,
qui me voit marivauder avec les vœux et les baptêmes
de ton évêché d’altitudes

Oh…à l’aune de ton moi,
d’anses plus hautes,
bien plus hautes encore,
je suis béatifié…

Il y a que je tais seulement le florilège de tes gammes,
les tétant, les lampant,
afin que l’épicentre des édens,
de trop,
ne te jalouse

De la ruelle,
tu fais la croisée des stratus,
des nimbus qui jouent tragédies et comptines,
et d’une fourchette,
un sceptre ou le trident des foudres,
d’un jeté de lit,
la contrée des inouïs plaisirs,
et du repos jouissant,
de tes mallettes ouvertes de pensées abondement ailées,
tous les caducées,
tous les navires portés à front de mer

Mon aventureuse couturière,
ma sommelière
goldstilllife20x24oilca

Famine

Je geins de famine,
mon pêché journalier,
et les victuailles qui m’allèchent
ne garnissent pas les tables des grands hôtels,
des ambassades,
elles sont de plus fine cuisine :

Tes seins,
comme deux lunes croissantes aux roses apogées
piquant,
de lagunes en lagunes,
les armoiries sidérales

Ta bouche,
bassin de carpes et frétillantes blanchailles
où repose la valseuse,
la grisante,
sainte patronne des friandises

Ta bouche,
le temple de ton verbe musicien,
où sont vêlés aussi tes rires
avant qu’ils ne folâtrent,
gaies et festives mouettes,
entre les fauteuils du théâtre des minutes

Tes jambes,
tes hanches encore,
et l’harmonieuse coupe des continents
au chuté de tes reins

Ô toutes les agapes,
tous les banquets dont la liesse me dévore

De toi,
je ne connais que la disette et la faim,
et plus tu m’accordes à me restaurer,
belle,
plus de tes mets l’appétit me tenaille

xu8ud00z

Langage (un poème du quotidien)
Lili la ruche

Ma langue s’affole sous ton empire,
grave ta légende en trots,
attelés de phrasés jamais titubants
et jouissant de l’heureuse ivresse
issue des ferments de tes avoines florissantes
Ma langue déclame le patois,
l’argot,
le précieux, le familier, le cru,
le soutenu,
des reliures de tes lents ouvrages,
leurs encres princières,
de tes façons de dégrafer nos volets
à tes immortelles manières de saisir ta cuillère
ou les grelots de la pluie
Ma langue est effrontée,
et curieuse,
et inassouvie de tes jus de cerise,
du pur de ton émail ;
elle déclame des vocables inconnus,
les dialectes de l’invisible qu’elle n’a jamais appris,
tout un parler neuf et nouveau pour acclamer,
applaudire,
ton art subtil de prendre fauteuil,
de ta robe lisser,
de crayonner l’annuaire
ou de presser,
virtuose,
la pulpe du citron sur les chairs offertes des poissons
Ma langue t’admire,
chantonne visitant tes sanctuaires,
et jalouse d’un peu l’air,
pleure aussi,
car elle ne sait se faire vapeurs
pour,
d’une unique lapée,
t’enlacer entière
10-01-2010R.  j’aime quand tu sais si bien capturerr dans  les vers tes emotions avec mesure ,musicalité et originalité….mais là tu es un toujours bien !!lilia

La pluie et le vent
Lili la ruche
Date de l’envoi : 2011-01-14 21:38:45

Tu quittes tes ornements devenus de trop,
en défaisant quelques lacets,
boutons, ceintures,
en une gestuelle de ponant s’éveillant aux ramages,
l’un allant l’autre,
qui nous convoitent, que le sabbat soit à la classe ou même aux déferlantesTu fermes la porte…
…un tour de clé…
…et sans autrement bouger,
me présente un visage à l’illumination fertileTu me rejoins, doucement,
que je ne perde rien du fébrile en tes pas mouillés
et versant aux chaviresIl me semble que je serai toujours surpris de ta candeur qui s’efface,
ton par ton,
laissant place à l’anguille sauvage,
maîtresse, femme,
lionne,
amante,
capable de la faim la plus pleine en ses morsures où je me nourrisL’eau du bain bouillonne de ma fièvre,
tu me souris alors que ton pied touche l’eau
et s’y engonce,
ton corps ne suit pas de suite…
…je pose ma main sur ta cuisse, l’enveloppant,
de l’envers au devant,
effleurant son galbe,
l’autel où l’oracle se soumet à la vestale,
ainsi que le tracé de la poterne aux délices presqu’inondée,
patience,
du mets des olympesTu m’as rejoint,
et glisse sur moi,
fleuve lové
me noyant sous tes baisers et la pointe de ta langue,
je cherche ta bouche,
et la trouve,
et tu me concèdes le palpe de tes seins tendus,
que j’embrasse,
et lèche enfin,
que je gobe comme la baleine a aspiré Jonas,
mes mains courent sur ton dos,
et ma fougue folle te ramène au plus près
tandis que tu joues,
de mon cou à mon ventre,
et en dessous,
à me rendre encore un peu plus fouEntre griffes et lavis,
tes doigts me font grâce d’une aubade,
visage, épaules et flancs,
et tes lèvres me mangent,
un va et vient de garde au brûlant…
…mes paumes sur ta joue et tes cheveux,
je n’y tiens plus,
te quémande un autre baiser,
et te renverse,
te dévorant des yeux
alors que je me fais ce drap voletant de sur toiTes collines arrogantes,
je les dessine du serpent jaillissant d’entre l’émail,
mordille leurs cimes
et m’attarde tout alentour,
je croise en leur vallon,
t’offrant mes caresses comme autant de présents,
ne laissant rien de toi vierge de mes émois,
puis descends,
descends,
pour humer ton parfum, éloquent maintenant,
à ta flore entrouverte,
la tanière hélante…
…je goutte,
et lape,
me fige et glisse,
sur et à la source de ta rivière nectarineJ’écoute ta voix s’immoler d’un soupir,
j’écoute les soubresauts de ton bas,
et j’entends tout ton haut se tendre sous la vague ignorée,
et là,
c’est toi,
en voulant plus,
qui m’attire à me fondre par l’invite de ta gorge…Je te saisis alors,
pas comme on gagne son prix, non,
comme on accède enfin au partage du plus moelleux de tous les vins…
…tes reins se tendent
et nous devenons un,
et je respire plus fort alors que je suis toi,
que tu es devenue moi,
lisse colonne en ton jardin d’amour,
je m’élance, investis, et sors,
et ressors pour te fouiller lentement encore,
puis plus vite,
tes bras sont des arceaux langoureux au derrière de ma nuque,
tes jambes me serrent, m’enserrent,
et nous mêlons nos souffles,
la flèche, l’arc, et la corde,
ensemble,
nous sommes seuls à comprendre nos paroles,
et nous titubons couchés en quête de la belle délivranceNous changeons notre liant,
telle cuillère
ou telle monture arquée,
dessus, dessous…
…à savoir qui se prend à l’autre
n’importe pas,
nous sommes enlacés sur l’immense mascaret
et hurlons, finalement,
à l’unisson,
notre plaisir communiantNous sur nous retombés,
mains et poignets emmêlés,
échafaudant pour nous emplir d’air neuf,
nos haleines se reprennent
et s’aiment
dans l’échange de nos râles baladins…
…je suis grisé,
et volontiers,
je souris lorsque tu dis, murmurant :« Viens…retournons à nouveau faire la pluie et le vent »
R…Un  » vieux  » poème que je relis avec plaisir…il a equilibre , sensuailté et passion comme il faut! Et merci !liliaCorbeillettes et bonne inspiration!
 

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