Galatea Belga Broderies

Bienvenue sur mon blog . Un peu de ma vie mais pas nécessairement le plus essentiel…

10 janvier, 2016

Amis, amours

Classé dans : 2016,Brevi,Citations,Citazioni G. B. — galatea @ 11:50

Un ami, un amour est la main qui ne tremble pas pour nous et qui nous aide à chercher notre sentier plus

lumineux après n’importe quelle tempête. 

Pour foncer dans l’abrutissement ou dans la persévérance de nos faiblesses, pourquoi chercher de l’aide ?

 il suffit d’être seul. 

galatea belga

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20 octobre, 2014

L’école de la poésie par Léo Ferré.

Classé dans : 2014,Citations,Liens — galatea @ 12:09

L’école de la poésie par Léo Ferré.
Texte intégral de la préface du livre « Poète… vos papiers! »,

La poésie contemporaine ne chante plus. Elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les
mots mal famés, elle les ignore. Cela arrange bien des esthètes que
François Villon ait été un voyou. On ne prend les mots qu’avec des gants:
à « menstruel » on préfère « périodique », et l’on va répétant qu’il est des
termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du codex. Le
snobisme scolaire qui consiste à n’employer en poésie que certains mots
déterminés, à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques,
médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du
rince-doigts et du baise-main. Ce n’est pas le rince-doigts qui fait
les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse. Ce n’est pas le
mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot.

L’alexandrin est un moule à pieds. On n’admet pas qu’il soit
mal chaussé, traînant dans la rue des semelles ajourées de musique. La
poésie contemporaine qui fait de la prose en le sachant, brandit le
spectre de l’alexandrin comme une forme pressurée et intouchable. Les
écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte
de pieds ne sont pas des poètes: ce sont des dactylographes. Le vers est
musique; le vers sans musique est littérature. Le poème en prose c’est de
la prose poétique. Le vers libre n’est plus le vers puisque le propre du
vers est de n’être point libre. La syntaxe du vers est une syntaxe
harmonique – toutes licences comprises. Il n’y a point de fautes
d’harmonie en art; il n’y a que des fautes de goût. L’harmonie peut
s’apprendre à l’école. Le goût est le sourire de l’âme; il y a des âmes
qui ont un vilain rictus, c’est ce qui fait le mauvais goût. Le Concerto
de Bela Bartok vaut celui de Beethoven. Qu’importe si l’alexandrin de
Bartok a les pieds mal chaussés, puisqu’il nous traîne dans les étoiles!
La Lumière d’où qu’elle vienne EST la Lumière…

En France, la poésie est concentrationnaire. Elle n’a d’yeux
que pour les fleurs; le contexte d’humus et de fermentation qui fait la
vie n’est pas dans le texte. On a rogné les ailes à l’albatros en lui
laissant juste ce qu’il faut de moignons pour s’ébattre dans la basse-cour
littéraire. Le poète est devenu son propre réducteur d’ailes, il s’habille
en confection avec du kapok dans le style et de la fibranne dans l’idée,
il habite le palier au-dessus du reportage hebdomadaire. Il n’y a plus
rien à attendre du poète muselé, accroupi et content dans notre monde, il
n’y a plus rien à espérer de l’homme parqué, fiché et souriant à
l’aventure du vedettariat.
Le poète d’aujourd’hui doit être d’une caste, d’un parti ou du Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé. Enfin, pour être poète,
je veux dire reconnu, il faut « aller à la ligne ». Le poète n’a plus rien à
dire, il s’est lui-même sabordé depuis qu’il a soumis le vers français aux
diktats de l’hermétisme et de l’écriture dite « automatique ». L’écriture
automatique ne donne pas le talent. Le poète automatique est devenu un
cruciverbiste dont le chemin de croix est un damier avec des chicanes et
des clôtures: le five o’clock de l’abstraction collective.

La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la
musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa
typographie n’est pas finie; elle ne prend son sexe qu’avec la corde
vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. Il
faut que l’oeil écoute le chant de l’imprimerie, il faut qu’il en soit de
la poésie lue comme de la lecture des sous-titres sur une bande filmée: le
vers écrit ne doit être que la version originale d’une photographie, d’un
tableau, d’une sculpture.
Dès que le vers est libre, l’oeil est égaré, il ne lit plus qu’à plat; le
relief est absent comme est absente la musique. « Enfin Malherbe vint… »
et Boileau avec lui… et toutes les écoles, et toutes les communautés, et
tous les phalanstères de l’imbécillité! L’embrigadement est un signe des
temps, de notre temps. Les hommes qui pensent en rond ont les idées
courbes. Les sociétés littéraires sont encore la Société. La pensée mise
en commun est une pensée commune. Du jour où l’abstraction, voire
l’arbitraire, a remplacé la sensibilité, de ce jour-là date, non pas la
décadence qui est encore de l’amour, mais la faillite de l’Art. Les
poètes, exsangues, n’ont plus que du papier chiffon, les musiciens que des
portées vides ou dodécaphoniques – ce qui revient au même, les peintres du
fusain à bille. L’art abstrait est une ordure magique où viennent picorer
les amateurs de salons louches qui ne reconnaîtront jamais Van Gogh dans
la rue… Car enfin, le divin Mozart n’est divin qu’en ce bicentenaire!
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des
fantômes. Qu’importe! Aujourd’hui le catalogue Koechel est devenu le
Bottin de tout musicologue qui a fait au moins une fois le voyage à
Salzbourg! L’art est anonyme et n’aspire qu’à se dépouiller de ses
contacts charnels. L’art n’est pas un bureau d’anthropométrie. Les tables
des matières ne s’embarrassent jamais de fiches signalétiques… On sait
que Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes, que Beethoven était
sourd, que Ravel avait une tumeur qui lui suça d’un coup toute sa musique,
qu’il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok, on sait que Rutebeuf avait
faim, que Villon volait pour manger, que Baudelaire eut de lancinants
soucis de blanchisseuse: cela ne représente rien qui ne soit
qu’anecdotique. La lumière ne se fait que sur les tombes.

Avec nos avions qui dament le pion au soleil, avec nos
magnétophones qui se souviennent de « ces voix qui se sont tues », avec nos
âmes en rade au milieu des rues, nous sommes au bord du vide, ficelés dans
nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions. Le seul droit
qui reste à la poésie est de faire parler les pierres, frémir les drapeaux
malades, s’accoupler les pensées secrètes.

Nous vivons une époque épique qui a commencé avec la machine
à vapeur et qui se termine par la désintégration de l’atome. L’énergie
enfermée dans la formule relativiste nous donnera demain la salle de bains
portative et une monnaie à piles qui reléguera l’or dans la mémoire des
westerns… La poésie devra-t-elle s’alimenter aux accumulateurs
nucléaires et mettre l’âme humaine et son désarroi dans un herbier?
Nous vivons une époque épique et nous n’avons plus rien d’épique. A New
York le dentifrice chlorophylle fait un pâté de néon dans la forêt des
gratte-ciel. On vend la musique comme on vend le savon à barbe. Le
progrès, c’est la culture en pilules. Pour que le désespoir même se vende,
il ne reste qu’à en trouver la formule. Tout est prêt: les capitaux, la
publicité, la clientèle. Qui donc inventera le désespoir?
Dans notre siècle il faut être médiocre, c’est la seule chance qu’on ait
de ne point gêner autrui. L’artiste est à descendre, sans délai, comme un
oiseau perdu le premier jour de la chasse. Il n’y a plus de chasse gardée,
tous les jours sont bons. Aucune complaisance, la société se défend. Il
faut s’appeler Claudel ou Jean de Létraz, il faut être incompréhensible ou
vulgaire, lyrique ou populaire, il n’y a pas de milieu, il n’y a que des
variantes. Dès qu’une idée saine voit le jour, elle est aussitôt happée et
mise en compote, et son auteur est traité d’anarchiste.

Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n’es pas un système,
un parti, une référence, mais un état d’âme. Tu es la seule invention de
l’homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté. Tu es l’avoine du
poète.
A vos plumes poètes, la poésie crie au secours, le mot Anarchie est
inscrit sur le front de ses anges noirs; ne leur coupez pas les ailes! La
violence est l’apanage du muscle, les oiseaux dans leurs cris de détresse
empruntent à la violence musicale. Les plus beaux chants sont des chants
de revendication. Le vers doit faire l’amour dans la tête des populations.
A l’école de la poésie, on n’apprend pas: on se bat.
Place à la poésie, hommes traqués! Mettez des tapis sous ses
pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire,
donnez-lui un bol de riz, un verre d’eau, un sourire, ouvrez les portes
sur ce no man’s land où les chiens n’ont plus de muselière, les chevaux de
licol, ni les hommes de salaires.
N’oubliez jamais que le rire n’est pas le propre de l’homme, mais qu’il
est le propre de la Société. L’homme seul ne rit pas; il lui arrive
quelquefois de pleurer.
N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que
c’est toujours la morale des autres.
Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du
désespoir, je voudrais que ces quelques vers constituent pour les hommes
libres qui demeurent mes frères un manifeste de l’espoir.

18 octobre, 2014

texte-d-alain-boudet-sur-la-poesie-contemporaine

Classé dans : 2014,Citations — galatea @ 13:55

 

texte-d-alain-boudet-sur-la-poesie-contemporaine dans 2014 empty * Texte d’Alain Boudet sur la poésie contemporaine *

Message  Clari le Ven 6 Sep 2013 – 20:19

D’un cliché à l’autreLa poésie a, dans la société française et par conséquent dans l’école une image particulière. Ou plutôt, elle en a plusieurs.

Tantôt, on l’associe à une certaine beauté des sentiments et de la nature. Elle serait une voie (et une voix) d’édification et elle provoquerait des émotions qu’elle serait aussi censée traduire. La poésie serait du texte qui nous parle du meilleur de nous, des hommes et du monde.

Tantôt, elle est une matière de rythme et de rimes, une forme qui parle, une activité de virtuose du langage qui existe d’abord pas sa musicalité. Elle respecte des règles, des normes, elle est identifiable au premier coup d’oeil. La poésie serait d’abord un texte ornemental, un écrit décoratif.

Tantôt, elle est manipulation de la langue, expérimentation des sons et des sens dans le choc des mots, leur trituration. Elle se forme dans une manière de déstructuration voire de destruction. Elle expérimente. Elle essaie. La poésie serait une oeuvre de laboratoire.

Tantôt, elle est chargée de mystère et se reconnaît par sa charge d’hermétisme ou sa résistance à l’explication. On n’y comprend pas grand chose, cérébralement et intellectuellement parlant, et c’est d’ailleurs à cela que d’une certaine façon, on la reconnaît. La poésie serait du texte qui nous parle une langue opaque.

Tantôt elle prend les apparences et les allures d’une arme. Elle est chargée des révoltes et des incompréhensions face aux réalités désordonnées du monde. Elle émerge des souffrances intimes et personnelles et s’épanche. La poésie serait alors un cri parfois désespéré, parfois libérateur.

Tantôt, elle semble dialoguer avec l’invisible qu’elle tente de révéler à force de langage. Elle fore la nuit, interroge les doutes, tutoie les espérances, s’inquiète de l’ombre et du vide, réveille les étincelles. La poésie serait une révélation, l’expression du silence habité, une démarche mystique.

Ce que la poésie peut être ?

Ces représentations témoignent toutes de ce que la poésie peut dire sans pour autant cerner ce que la poésie peut être. Il ne s’agit pas d’ailleurs, de tenter une quelconque définition nécessairement réductrice, incomplète et inexacte. C’est en partie parce que, à l’école, on cherche plus souvent à expliquer un poème qu’à écouter ce qu’il nous dit (et pas ce que le poète veut nous dire) que beaucoup sont finalement mal à l’aise avec les poèmes, avec la poésie.
Inutile donc de chercher ce qu’est la poésie. L’important est de savoir ce qu’elle est pour chacun. Pour vous. Pour les enfants. Pour chacun de celles et de ceux qui peuvent en pratiquer l’écoute et la lecture, et peut-être aussi l’écriture. Et j’aimerais partager avec vous quelques convictions qui résultent de mes pratiques d’enseignant, de lecteur, d’auditeur et de poète.

Ce que la poésie apporte

La poésie parle à l’intime. Elle est de l’ordre de l’être, de la vie. C’est là qu’elle prend sens, dans la rencontre non pas de ce que l’auteur a mis dans son texte, mais dans ce qu’un texte nous livre, dans sa manière de nous rejoindre.

Ainsi, la poésie a une dimension sociale. Elle crée bien sûr du lien entre le texte (et donc l’auteur) et le lecteur. Mais elle en crée encore chaque fois qu’un lecteur la porte vers un auditoire. C’est le cas, bien sûr, dans la classe. Pour l’enseignant, dire un poème à haute voix, c’est créer une communauté dans l’écoute et la réception des textes les plus variés. Chacun des auditeurs recevant le texte, y adhérant ou pas selon que le texte le rejoint, le touche, lui « plaît ». Ce peut être l’occasion de prolonger l’écoute par un échange qui aura pour objectif de mieux comprendre ce qui nous parle dans le poème, sans volonté l’explication. On n’a pas nécessairement besoin d’expliquer pour comprendre. Comprendre (« cum-prendere ») c’est d’abord prendre avec soi intérioriser, ressentir, faire résonner le texte en soi.

La poésie met en oeuvre les multiples sens des mots, les éclaire de tous les possibles, redonne à la langue un éclat parce qu’elle ne fige rien. A chaque lecture, quelque chose bouge, et ce n’est pas nécessairement la même chose à chaque fois. Si bien qu’un texte qui ne nous disait rien hier peut très bien nous parler aujourd’hui. Question d’âge, de disponibilité, d’état d’esprit, d’expérience personnelle. Au delà du propos éventuel de son auteur, c’est dans la vie du lecteur que le poème existe. Il est évident qu’un poème qui parle de la mer par exemple ne sera pas reçu de la même manière par un enfant (ou un adulte) qui connaît l’Atlantique, la Méditerranée ou la mer Baltique. Et que dire de la réception qu’en fera l’enfant qui n’a jamais vu la mer ?…

Enfin, la poésie propose un usage inhabituel de la langue maternelle. L’écriture poétique est libérée des contraintes normatives. Elle privilégie l’étincelle de sens qui naît du choc des mots au détriment du sens qui préexiste aux mots. C’est dans l’écriture que naît le poème. Il n’existe pas avant les mots qui le génèrent. Et c’est dans la lecture qu’il se recompose. Ainsi, fréquenter les poèmes, travailler la manière de les lire et de les dire, expérimenter soi-même les agréments et les difficultés de l’écriture, c’est découvrir des aptitudes et conforter des compétences artistiques. C’est aussi s’approprier une culture personnelle et commune. C’est se constituer un patrimoine culturel et émotionnel. La poésie, en cela, est un chemin d’épanouissement. Il importe que, fort de ces constatations, chacun, dans l’école, contribue à développer des pratiques et des approches de la poésie susceptibles de permettre aux enfants de devenir, adultes, des lecteurs de poésie.

Trois caractéristiques de la poésie contemporaine

Considérant la poésie telle qu’elle s’écrit aujourd’hui, je voudrais rapporter ici quelques caractéristiques que Georges Jean avait relevées les concernant, lors d’un colloque auquel je participais au centre Georges Pompidou sur ce même thème de « L’enfant et la poésie » en 1986, et qui me semblent, aujourd’hui encore, toujours pertinentes.

La première caractéristique, c’est que la poésie contemporaine raconte moins que celle des siècles passés. Elle est davantage une poésie qui traduit, comme le disait Bachelard, une « intuition de l’instant ». Le poème s’inscrit moins dans une durée, une temporalité, avec un avant, un pendant, et un après. Cela ne veut pas dire que le langage poétique d’aujourd’hui est figé, désincarné, extérieur aux événements, mais il me semble que l’on pourrait dire que la durée commence avec lui, qu’il crée l’évènement plus qu’il n’en rend compte. Et si l’on disait que le poème témoigne, ce n’est pas parce qu’il serait témoin à charge ou à décharge de l’époque ou de l’expérience individuelle. Ce serait davantage comme une marque, une trace, un signe fiché dans le tronc de l’arbre pour bouger avec le temps qui passe, s’altérer lui-même, se déplacer dans la mémoire de l’arbre. Ou encore comme la concrétion, la cristallisation de l’émotion d’un moment, que les mots cisèlerait pour en rendre compte. Ce cristal, cette trace, ce témoin fragile et inaltérable à la fois, c’est le poème. Dans 50 ans, le poème d’aujourd’hui aura bougé beaucoup plus dans l’épaisseur du sens, de la compréhension, de la mémoire des hommes, que n’a bougé pour nous un poème du 19ème siècle. On dit d’ailleurs parfois que les poèmes sont éternels, et souvent, c’est à la poésie passée (je n’ai pas dit dépassée), que l’on fait allusion, comme à un patrimoine sensible de grande valeur. En général, la poésie contemporaine ne reflète rien d’autre qu’elle-même, et c’est à partir du poème que tout commence, un peu comme si le reflet créait le miroir.

Dès lors, et c’est une seconde caractéristique qui découle de la première, la poésie d’aujourd’hui est souvent chargé d’images à ras bord. Elle a souvent recours à la métaphore. Elle est productrice d’images, elle évoque, éveille pour le lecteur une multitude d’images. Je l’ai maintes fois remarqué lors de mes animations avec des enfants, mais aussi avec des adultes. J’ai souvent recours, pour exprimer ce phénomène, à cette comparaison ; le poème est un peu comme une boîte qui renferme du concentré de tomate, ou encore à un flacon d’essence de parfum. L’un comme l’autre libèrent dans l’instant une puissance de goût ou d’odeur qui saisit les sens, et les comble (ou les rebute). Et la puissance libérée est bien supérieure à ce que la taille de la boîte ou du flacon pouvait laisser supposer.

Très souvent, les poèmes contemporains laisseraient perplexe l’enfant (et parfois l’adulte) s’il s’agissait de les appréhender raisonnablement. Mais ces poèmes sont chargés d’un potentiel émouvant (c’est-à-dire qui fait bouger en nous, qui nous remue) qui amorce souvent chez le lecteur ou l’auditeur des constructions imaginaires variables selon les individus en quantité et en intensité.

Enfin, la poésie contemporaine tend un miroir de ce qu’est le monde dans sa richesse et sa diversité. Les formes classiques d’écriture ont éclaté, libérant la parole poétique, et les poètes aujourd’hui ont dû reconstruire en eux d’abord des rythmes qui sont leur « respiration poétique ». Je me rends compte ainsi, que tel poète ami qui est asthmatique (je pense à José Millas-Martin) a une écriture haletante qui n’appartient qu’à lui, et que tel autre qui, comme moi, écrit beaucoup en marchant, sur les chemins ou dans sa tête, écrit des textes qui respectent le rythme de la marche, et qui se prêtent bien à être dits en marchant. L’écriture poétique aujourd’hui me semble davantage « respirée », plus proche des rythmes vitaux, moins ornementale que la poésie des siècles antérieurs, même s’il faudrait apporter des nuances à ce propos. Je voudrais dire en passant qu’il s’écrit encore aujourd’hui une poésie très ornementale, qui n’est peut-être d’ailleurs qu’ornement. Il y a sans doute actuellement plus de poètes qu’il n’y en a jamais eu, qui écrivent dans la langue d’aujourd’hui, parce qu’écrire met en jeu ce qui essentiel : le rapport de l’homme à lui-même, et au monde, par le truchement du langage et de son épaisseur vécue, de ce que l’on pourrait appeler l’expérience. C’est sans doute ce qui explique que parmi les jeunes que je fréquente, tout comme vous, sans doute, il en est de nombreux qui écrivent, et pas seulement des journaux intimes, mais aussi de la poésie. Et c’est d’abord en cela que la poésie importe. Elle est peut-être le mode d’expression le plus immédiatement adopté par qui veut écrire, et ce jaillissement est essentiel. Mais ne fait pas de tout individu qui en est l’auteur, un poète, car il reste, au delà de l’immédiateté, de l’envie de dire, le nécessaire travail de « potier » du langage.

Alain BoudetPédagogue – Poète

25 septembre, 2014

Scrivere…

Classé dans : 2014,Citations,Citazioni G. B.,Un peu de moi... — galatea @ 22:52

 

 

 

 

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In fondo scrivere, pubblicare , è un fermarsi un attimo per ascoltarsi…

 

Nous écrivons et e-crions pour écouter nous mêmes , au moins pendant l’action d’écrire.

galatea belga 

galatea belga

19 novembre, 2010

La poèsie…

Classé dans : Citations — galatea @ 11:04

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Nella profondità dell’inverno,
ho imparato alla fine che dentro di me
c’è un’estate invincibile.

Albert Camus

La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au

lieu de se voir. »

Léonard de Vinci

Nos chimères sont ce qui nous ressemble le mieux

Victor Hugo

Qui le più fragili mie foglie, eppure quelle che dureranno più a lungo,
Qui velo e celo i miei pensieri che non mi piace rivelare,
Eppure essi mi rivelano più di ogni altra mia poesia.
Walt Whitman

                                                         Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme … »

 

 

La poesia

La poesia non nasce da le regole, se non per leggerissimo accidente; ma le regole derivano da le poesie: e però tanti son geni e specie di vere regole, quanti son geni e specie di veri poeti. » (Tansillo, da Parte prima, I Dialogo, Giordano Bruno) fonte: http://it.wikiquote.org/wiki/

Giordano_Bruno al rogo 16 febbraio 1600

Samuel Ullman

Lettre à Helen Howe Allen
Marguerite Yourcenar

…A tout vous dire, un livre comme celui de May Sarton me révèle à moi-même ma foncière misogynie, laquelle, bien entendu, ne tient pas contre quelques exceptions aimables ou admirables. Pourquoi les femmes s’enferment-elles si souvent dans leur petit monde étroit, prétentieux, pauvre ? (Je pense à la phrase que je fais employer à Hadrien : « Je retrouvais le cercle étroit des femmes, leur dur sens pratique, et leur ciel gris dès que l’amour n’y joue plus. »)
Je ne veux pas dire que l’homme ait toutes les vertus : le monde en ruine où nous vivons prouve le contraire. Mais je pense que c’est en partie au misérable petit égoïsme de la dame très bien qui sent la lavande et s’offre une petite vie « harmonieuse » que nous sommes redevables du fait que le chaos continue et grandit. En ce qui me concerne (et vous pensez bien que je dépasse May Sarton), je resterai jusqu’au bout stupéfaite que des créatures qui par leur constitution et par leur fonction devraient ressembler à la terre elle-même, qui enfantent dans les déjections et le sang, que la menstruation relie au cycle lunaire et à ce même mystère du flot sanguin, qui portent comme les douces vaches un aliment primordial dans leurs glandes mammaires, qui font la cuisine, c’est-à-dire qui travaillent sur la chair morte et les légumes encore incrustés de terre, qui enfin, dans leur corps, dans leur visage, dans leur lutte désespérée contre l’âge, assistent perpétuellement à la lente destruction et corruption des formes, font face jour après jour à la mort dans des rides qui s’approfondissent ou les cheveux qui grisonnent, puissent être à ce point factices.
Factices quand on a affaire à la poupée peinturlurée qui veut séduire par des moyens qui sont ceux de la prostitution, quel que soit d’ailleurs son état social, et peut-être plus factices encore quand il s’agit de la dame bien ? On cherche vainement la femme…

 

Il y a mille façons d’habiter un corps

Lacape dans…. Basquiat

Ralf voulut savoir qui était Maria.

« Il y a trois personnes en moi, cela dépend de qui vient me voir.La Petite Fille ingénue, qui regarde l’homme avec admiration et feint d’être impressionnée par ses histoires de pouvoir et de gloire.La Femme fatale, qui attaque d’emblée ceux qui se sentent le moins sûrs d’eux et, agissant ainsi, prend le contrôle de la situation et les met à l’aise puisqu’ils n’ont plus besoin de s’inquiéter de rien.Et enfin, la Mère affectueuse, qui dorlote les hommes avides de conseils et écoute d’un air compréhensif des histoires qui entrent par une oreille et ressortent par l’autre.Laquelle des trois veux-tu connaître ?

-Toi. »

Paulo Coelho, Onze minutes

15.02.2011

Ciò che uno ha per se stesso, ciò che lo accompagna nella solitudine e che nessuno può dargli o sottrargli, è molto più essenziale di tutto ciò che possiede o di ciò che egli rappresenta agli occhi degli altri.

A . Schopenhauer

If I read a book and it makes my whole body so cold no fire can warm me, I know that is poetry. If I feel physically as if the top of my head were taken off, I know that is poetry. These are the only ways I know it. Is there any other way? Love is its own rescue; for we, at our supremest, are but its trembling emblems.A little Madness in the Spring
Is wholesome even for the King.
All form Emily Dickinson, 1830 – 1886

 

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