Accueil 2020 L’interview à Galatea Belga sur LPDP.

L’interview à Galatea Belga sur LPDP.

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bourj300

 

 

Bonjour Galatea, je suis heureuse d’avoir l’occasion de te poser quelques questions. Je me souviens que lorsque je suis arrivée sur LPDP, tu es une des premières à m’avoir accueillie.
Pourrais-tu nous dire d’où vient ton pseudo et comment tu es arrivée sur Lpdp ?

Une artisane de la langue française qui a l’honneur de répondre pour une interview… ça veut dire quelque chose, selon mon jugement.
L’histoire de mon débarquement sur ce site raconte un morceau important de ma vie. J’étais en Belgique depuis un an et je vivais, un peu déçue, ma nouvelle vie. J’avais accepté un nouveau travail à l’étranger pour offrir à ma fille la possibilité d’apprendre une autre langue et d’étudier dans un contexte international comme celui de Bruxelles. Les situations à ce temps-là ont favorisé ma présence dans le Limburg, à Hasselt. Là on parle le néerlandais et, pour éviter de parler un français détesté, les habitants de ce beau coin au centre de l’Europe, acceptent plus facilement de te répondre en utilisant l’anglais…

J’avais étudié un peu le français à l’université mais pendant mon séjour, j’espérais vivre une nouvelle vie en améliorant aussi votre langue que j’ai toujours aimée. Sincèrement frustrée, j’ai commencé alors à arpenter le Net pour saisir une chance d’apprendre un français moins standardisé que celui des romans ou de la presse. Ma faim, mon envie d’apprendre un français non formel m’a emmenée dans le monde des réseaux sociaux et sur Badoo (!) où j’ai connu des amies surtout et quelques pêcheurs à la ligne typique de ce genre de sites.
Un d’eux en particulier m’a touché. En présentant ses atouts (peintures, dessins, illustrations surtout) il m’a fait lire un de ses poèmes. Je lui ai parlé du genre de peintures oniriques que mon mari aime faire, je dis ça pour expliquer un peu mon approche typique dans ce genre de situations et sur ce site aussi. Mon ouverture, maintenant je le sais bien, trompe parfois, brouille qui me lit ou essaye de comprendre qui je suis.

Quand cet ami m’a fait découvrir LPDP, il m’a partagé son plaisir de publier sur le site et, bien que je n’avais écrit dans ma vie que 2 courts poèmes, je me suis inscrite aussi le 6 décembre 2009. J’avais une envie de lire et de comprendre le monde intime, presque secret de gens comme moi mais qui – sûrement – se sont nourris d’autres expériences et ont fait d’autres choix, quelle chance d’apprendre !

Je ne savais même pas si j’aurais le courage de commenter et encore moins l’impertinence de publier quelques vers.
Je devais choisir un pseudo car tous les autres en avaient un et puis je ne voulais pas donner des informations sur ma vie privée. Galatea, dont j’aime la sonorité est une nymphe dont le mythe est bien connu dans la Sicile orientale où je suis née et belga c’est mon hommage au Pays qui a fait naître en moi l’envie- irréelle- d’écrire en français.Voilà.

Tu vois, en lisant tes poèmes et leur construction parfois typiquement galatéenne, je trouve que tu apportes une autre dimension à la poésie sur Lpdp. Moins… figée peut-être. J’ai souvent eu l’impression que tu partais presque en croisade contre la poésie classique : les formes fixes, les rimes « parfaites ». Pourrais-tu nous en donner la raison ?

Merci de me poser cette question, Adamantine.
Je dois souligner, à ce point, que te répondre me permet d’en dire un peu plus sur moi, plus que débattre sur de nouvelles règles pour « faire » de la poésie.
J’adore communiquer.
Entrer en contact avec l’Autre est presque ma mission pour vivre bien cette vie. L’écriture et, en particulier la poésie, rend possible la rencontre entre inconnus même distants entre eux par la culture, l’âge ou la faim de connaître. La poésie qui régurgite les schémas du passé et surtout le langage d’antan mutile, homogénéise l’inspiration individuelle et la rend « -selon moi- oubliable, pas -touche-au-cœur. » J’écris parfois directement en ligne : certaines situations me poussent à figer quelque part l’ensemble des émotions qui débordent et qui me font presque mal, à cause d’une tristesse profonde ou d’une joie irrépressible. Les coups de tête n’étant pas si présents dans ma vie, la poésie est ma soupape, souvent…

Je comprends qu’aux yeux des lecteurs je peux apparaître plutôt fondamentaliste. J’ai plusieurs fois essayé d’expliquer ma position sur ce site. Peut-être dans mon DNA manque-t-il le gêne qui me fait vibrer quand je lis la perfection numérique plus que la sincérité de l’autre.
J’ai encore en moi la marque que certains fragments de poèmes ont laissé en moi, il y a longtemps ou récemment.

En général, j’ai compris, ils sont extraits de compositions libres, que je mémorise aussi plus facilement pour leur vers qui forment une image irrégulière et donc pour moi, plus facile à retenir.
Mais c’est aussi leur caractère unique, les mots apparemment moins galets, polis, qui font une trace dans mon réservoir d’émotions.
Comme lectrice je désire pas seulement boire un verre de belles lettres, je veux du jus frais qui contient les sels minéraux de son auteur. Son arôme spécifique, son rythme intérieur non reproductible par un autre.
J’aime découvrir les mots traces d’un passage inconnu, différent, sur ce même sol, avec des tournures et des sources d’illuminations particulières qui mettent en relief un coin, un mot d’expérience humaine pour moi encore inexplorée, vierge.
J’ai dit ailleurs :
Donnez-moi un accent, une transparence, un fil pour coudre les lambeaux d’émotions et je couvrirai mon être éternellement de ce drap-patchwork volé, lecture après lecture aux autres, aux souffleurs de vertiges, aux sculpteurs de la fantaisie.

Je comprends ton point de vue. J’ai compris que la poésie, avait, comme pour beaucoup, une grande importance dans ta vie. Pourrais-tu nous parler de tes autres centres d’intérêts ?

Merci pour me poser cette question, Adamantine. J’aime quand les amis racontent un peu plus de leur vie « derrière les vers » et je dévoile avec plaisir un peu de la mienne.
J’ai récemment terminé une autre phase de ma vie et maintenant j’essaye de donner un peu plus à ma terre natale. Je fais partie de plusieurs organisations, entre autres de « Legambiente« . C’est une association écologique qui prône l’utilisation d’énergies alternatives et d’énergies renouvelables, les économies d’énergies, la sauvegarde de certaines zones protégées, la lutte contre le trafic illégal de déchets…

Mais j’ai créé aussi mes comités et associations pour des objectifs particuliers, comme la réalisation d’une route provinciale dans ma vallée. Pour la compléter il manque 5 kilomètres stratégiques mais depuis cent ans, elle est devenue un monument à la corruption et à l’arrogance de certains. Je parle de ça pour faire comprendre certains aspects »tranchants » de ma personnalité. Il faut dire aussi que quand j’utilise ma langue dans des articles ou dans les réunions publiques j’utilise un langage pas offensif et les nuances de ma langue, que je maîtrise beaucoup mieux, m’aident à gagner plus de collaborateurs que d’ennemis. :-)
Je m’occupe aussi de mon hameau avec mon mari, mon meilleur ami, compagnon d’aventures et de construction d’une utopie.
Pour le reste… je suis en évolution.

Récemment j’ai commencé à m’occuper de mon jardin et les résultats sont bons ! Je lis beaucoup, surtout les livres qui m’aident à comprendre mieux notre époque. Je passe de Zygmunt Bauman, Philip Roth, mon auteur préféré du moment, à Wislawa Szymborska, ou Shoshana Zuboff. J’ai dévoré, très jeune, les classiques, Sartre, Yourcenare, ou les poètes comme Tagore, Sylvia Plath ou Emily Dickinson. Parmi les italiens je préfère Montale et Leopardi. J’adore Baudelaire, Rimbaud mais je n’ai jamais rêvé de les imiter.
Je ne suis pas poète et je ne fais pas d’efforts pour le devenir…
Aujourd’hui on peut communiquer avec un nombre incroyable de gens et je saisis cette chance en utilisant un moyen qui me permet de le faire. Ce que je gagne en écrivant sur Lpdp ou ailleurs est le contact avec d’autres individus comme moi mais qui ont vu de cette vie des aspects que je n’ai jamais compris ou cherché de voir.
Pour moi ça n’a pas de prix !

À ce point… veux-tu qu’on parle de LPdp ?

Avec un grand plaisir. Parlons de LPDP. Comment vois-tu le site ?

Adamantine, j’avoue que je croyais plus simple de répondre à cette question.
Je suis une fan de la Passion des poèmes. J’ai une vraie admiration pour le jeune webmaster Carnage qui a créé ce village virtuel de la poésie et de l’échange. Je suis allée voir et j’ai fréquenté un grand nombre de sites et aucun d’eux n’a le design d’une communauté comme LPDP.

Ici, notre chance est que beaucoup d’auteurs du début ont laissé ici leurs écrits. Ainsi nous pouvons un peu lire “l’histoire”, l’évolution de ce forum dans les vers autant que dans les commentaires qui font aussi l’ambiance du site.
LPDP n’est pas dédié aux formes classiques, traditionnelles de la poésie et ouvre donc les portes à tous. C’est aussi ça sa magie, je crois.
Après dix ans passés – constamment – entre amis assez bien connus, comme toi, et les poètes qui soudainement modifient l’humour et les liens entre les membres, je trouve qu’il y a toujours beaucoup à lire, à découvrir et à réfléchir.
De tout ça, en effet, j’en ai fait la source de mon post le plus long et le plus lu. L'interview  à Galatea Belga sur LPDP. dans 2020 icon_smile
Ce que je n’aime pas, comme dans la réalité, d’ailleurs c’est la formation, quoique temporaire, des clans.
Je sais que partout on aime s’amuser avec ceux qui nous ressemblent ou semblent nous apprécier mieux, mais sur cette place ouverte, riche de personnalités si différentes, la rencontre avec des inconnus porteurs de visions autres peut enrichir notre sensibilité et, parfois, même notre vie !

Galatea, je te laisse le mot de la fin

Adamantine, je te remercie pour m’offrir encore une chance de bavarder – sourire – .
Ma  » dernière volonté » est un rêve : réunir un jour chez moi, en Sicile, un groupe d’amis poètes et passer un long week-end ensemble.
Certains amis que je connais depuis dix ans semblent désormais faire partie de ma famille d’affection, néanmoins je suis certaine qu’on aura des surprises en communiquant face-à-face.
Je devrai parler pour la première fois votre langue et je serai en difficulté sans mon dictionnaire, je pourrai écouter les sons de vos voix et découvrirai votre éloquence et votre sensibilité sans rimes ! Ah les rimes, qui peuvent cacher bien la vraie nature des hommes et des femmes, ah ah !

Un grand merci à toi et tous ceux qui viendront nous lire.
Merci à toi

 

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