Accueil 2015 Head Hunter- De la part de Majid.

Head Hunter- De la part de Majid.

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L’ombre de la statue de la reine Victoria semble caresser le réverbère au coin de Peascod Street. Le vent froid de la nuit fait flotter énergiquement les drapeaux du Harte & Garter hôtel et trembler les lumières, protégées dans leur formes anciennes, qui projettent des jolis halos sur les mur d’en face.

Sa chemise blanche un peu ouverte, Majid fume la cigarette qui signe la fin d’un autre long jour de frustrations et petits éclats de rire, sel indispensable pour la survivance.

Demain rendez- vous à la banque pour négocier le mortgage et les derniers retards des payments. L’aventure excitante, commencée l’an passé avec l’achat du petit restaurant à coté du fabuleux château, s’est transformée en cauchemar qui abîme chaque instant.

Hier, Antonio est parti furieux et son frère et lui ont du préparer et servir avec l’aide de Mélisse et Andy seulement . Massimooo ici, Massimo là…un midi d’enfer et toujours l’impossibilité d’ajouter des tables pour d’l'autres clients. La bonbonnière de l’été, avec sa terrasse élégante, animée et délicieusement à l’ombre, les longs mois de l’hiver devient la cage pour des otages de la facturation.

L’ambiance toute italienne, le menu, les couleurs de l’intérieur, les photos anciennes de la bella Italia, la cordialité offerte et le Majid devenu Massimo aident, mais les pièces sont trop petites pour avoir le nombre indispensable des repas nécessaires pour couvrir les dépenses et laisser de quoi vivre aux deux frères. L’aîné a sa femme et deux enfants : pas de discussions donc sur son droit de se réserver le minimum indispensable pour rester dans ce pays. Majid vit son rêve -cauchemar avec toutes les astuces possibles et avec la distance indispensable pour ses passages abruptes d’un casier à l’autre de son escequier.

Il aime le déplacement du cheval , plus souvent celui de l’étalon qui ne met pas à mort la reine mais fait lui gagner un toit, un semblant de foyer, de famille, ou simplement un sobre, sauvage accueille-tout, nécessaire comme l’oxygène.

La pluie fine et piquante de janvier fait frissonner l’italien d’Algerie qui, les mains dans ses poches, donne un coup de pied à la coupe de papier carton du McDonald devant le seuil du restaurant. Poussée par le vent, devenu vers minuit plus courageux et indiscret, la coupe avec les clients qui sortent encore des restaurants près de la gare royale , semble le promemoire de la compétions dure qu’on devra analyser avec le consultant la semaine suivante.

Les tables sont déjà préparées pour demain et avec les dernières recommandations on éteigne les lumières d’une à ‘une.

La voiture, parquée sur la montée à 200 mètres, est froide humide et à rien sert allumer le chauffage pour la faire devenir confortable.

Le printemps est encore trop loin, pour raviver son business, infinies seront encore et encore les discussions , presque des séminaires de psychologies avec Elle. Le tout plonge dans l’l’argile de sa vie formant des rayures foncées, difficiles à amalgamer.

Déjà à la sortie de Windsor, une autre cigarette laisse entrevoir le sourire qui voudrait s’ouvrir tout plein mais qui reste soudainement coupé par la certitude d’une l’autre nuit sauvage d’enlacements muets, lourds d’attentes, chaque fois niées et repoussées dans le réservoir de la haine et de la frustration.

Le pied bien appuyé sur l’accélérateur, Majid va au delà de 60 miles permis et semble vouloir feindre le couloir des chênes nus qui flanquent la route pour Ascot. Les fantômes noirs, hostiles, durs des habitants de son poussiéreux village de la Kabyle sont là , noueux arbres qui lèvent leur malédiction envers le ciel rougeâtre à cause des lumières de Londres à l’horizon.

La disponibilité des femmes anglaises, les visites des filles au restaurant, les bavardages prolongés pendant ses pauses au Café Nero le rassurent sur sa capacité d’attirer , charmer bien au de la conversation malicieuse. Mais est-ce suffisant avoir le pouvoir de glisser dans les draps des belles à la chair blanche et aux cheveux blonds ? Leurs cheveux lisses et fins ne savent pas couvrir des yeux trop bleus d’envie de sexe et d’un quid indéfinissable, cherché partout dans les bras de mâles distraits, obsédés par leurs rondeurs autant que par l’envie d’être quelqu’un sur la scène de ce monde.

Et lui, Massimo-Majid, cette nuit encore mettra dans le coin de sa conscience la jeune Biba qui l’attend pour se marier, pour foncer enfin sa rage, son envie de vivre et etre aimé dans le seul endroit qui le rassure pour un instant, avant de mourir.

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