Accueil 2015 Head Hunter.La chasseuse-3

Head Hunter.La chasseuse-3

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Avant d’ouvrir la porte, Samantha, ma voisine, me salue et me demande si tout est allé bien à l’aéroport.
Je lui souris, contente de profiter d’un peu de conversation.

Depuis l’attentat à Paris la surveillance est capillaire à Heathrow.
Les passagers font de queues encore plus longues et je vois les clients nerveux, avec un besoin presque primitif de s’éloigner d’un lieu devenu trop dangereux.
J’invite mon amie prendre une tasse de thé, pendant que je commence à préparer le dîner pour les enfants.

Son hijab azur poudré couvre à peine son front grand, bien bombé qui fait un magnifique pendant avec ses lèvres charnues et belles de fille calédonienne.
Veuve d’un silencieux, bel algerien, à 47 ans, s’est remariée avec un neveu de 29, connu et aimé pendant la bataille avec le cancer de son mari.
Il est arrivé en Angleterre peu après la mort de l’oncle et il s’est installé chez elle.La recherche pour un job peut attendre…

Parmi mes amies, Sam aussi a eu un destin spéciale , un parcours de vie particulier comme le mien, traversé par des changements soudains et radicaux.
Elle vit sa nouvelle religion avec un mix de confort et d’ insensibilité, comme si son choix de devenir musulmane avait une relevance juste pour elle, ses enfants ou la relation avec son homme.

Après avoir connu Majid, moi aussi je suis entrée, violemment, entre les contradictions et les symboles d’une religion qui semble charmer des anglais aussi et que les musulmans- que j’ai connu- defendent seulement comme bouclier puissant pour donner dignité à leur identité.

Des fois il m’arrive de chercher sur Internet la traduction d’un mot, d’un dessein mirabile qui cache un lien magique avec une civilisation que je ressens splendide et à la fois pénalisante pour un esprit comme le mien.

Majid n’est pas un croyant, il me dit.
Son Coran, déposé parmi ses affaires, dans un coin de notre chambre, semble avoir la même non-valeur indispensable d’un crucifix pour une italienne.
Rarement nous avons abordé le sujet religion pendant nos conversations de l’après…
Nous sommes deux indifférents de la religion de nos ancêtres, pas pour choix, mais juste parce que trop pris par notre désir, besoin de vivre sans les angoisses qui peuvent tomber d’un ciel distant et pratiquement disparus de nos horizons.

Il y a deux ans. je l’ai connu au Cafè Nero de Windsor.
Ce jour là de septembre, il avait son sourire de canaille qui veut nager , à tout prix , n’importe si dans une piscine, un lac ou un océan en tempete.

Il était arrivé de Dijon avec son frère et ici , distant des préjudices d’une France “trop proche” dans les transformations de son pays, il a trouvé le courage de se lancer dans la restauration de classe.
Fier de son petit restaurant à côté du château de Windsor , il flâne sur les trottoirs de Thames street ou dans les rouelles à coté de Peascod Street, satisfait d’avoir su s’affirmer ici, parmi les snobs et les libres de vivre selon leur goût et sensibilité.

Mon Majid double face, a un visage pour le marketing et la promotion de son business et sait mentir merveilleusement sur la solidité de son investissement.

C’est dans mes bras qu’il laisse sortir, sans remords, la peine d’avoir quitté son bled sur les montagnes d’une Algerie remote et sans connexions avec notre monde.
Sa mère de 52 ans est le modèle vénérable de femme qui lui fait goûter, avec volupté mon corps , celles des autres femmes des alentours et qui lui fait dormir un sommeil de pacha quand il me ment ou revient reprendre son paquet de cigarettes et des papiers pour le conseiller commercial, après un mois de vacance dans une autre alcôve.

Il a besoin de peu, il faut dire.
Il part sans laisser entendre qu’il a un dessein pour la nuit ou pour les prochaines nuits et revient, les mains vides, comme la première fois que l’ai invité chez moi.

Sam s’en va.Son accent ecossais fort, sympa mes fait reflechir comme d’habitude, sur son incongruence et sa serenité.

Je ne lui raconte plus de mes nuits de solitude ou d’amour violent qui laisse toujours ouverte et battue par le vent, la fenêtre de mon coeur.
En buvant notre long thé à la menthe on a naïvement répèté que seulement l’amour , la compréhension, l’acceptation mutuelle entre les individus , les nations peuvent éradiquer le terrorisme.

Devant moi, le miroir de la salle de bain semble vouloir souligner que mes bras sont trop longs et accueillants, ils me rappellent le physique d’Amy Whinehouse et peut être aussi son désespoir…

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