Galatea Belga Broderies

Bienvenue sur mon blog . Un peu de ma vie mais pas nécessairement le plus essentiel…

  • Accueil
  • > Archives pour octobre 2014

29 octobre, 2014

Le testement vide

Classé dans : 2014,Amore,Un peu de moi... — galatea @ 19:07

10313505_726381644082734_8143550823958968672_n

 

 

 

 

Écoute son lourd silence
quand la nuit
ton sommeil s’en va
et tu dessines
avec impatience
un monde qui jamais existera

Regarde
avec attention
le vide de ses mots
traversés par le vent
de la mélancolie

Quand revient la lumière
voit
l’absence de vie
dans ses interstices
de l’agir

Ce poème
n’est que son testament
consigné
aux jours qui passent
sans plus la voir

28 octobre, 2014

Head hunter

Classé dans : 2014,Life,Racconti/nouvelles — galatea @ 16:30
Image de prévisualisation YouTube
Vis grata puellae- Ovide

Vingtcinq ans après,je flâne, sans être pressée, au centre de cette ville suburbaine , un grand froid dans les os et une envie de sigarette irrépressible avant de m’immerser dans les bras du bar au coin de cette avenue.

J’ai besoin avant tout de dialoguer avec mon bout de sigarette, lui dire que derrière la façade de l’immeuble à 500 pas d’ici, j’ai à peine tourné le dos à mon dernier rituel sur l’autel du hasard.
Rien de vraiment mémorable s’est passé, mais c’est encore une fois un bonus de n’avoir pas eu de surprises, des mauvaises surprises.
Lui, il était comme dans la photo: grand, assez musclé , dans la trentaine , un accent fort de cubain déjà bien inséré dans la jungle londonienne.Son merveilleux sourire, absolument naturel, met en ombre les details d’un visage qu’on ne regarde pas avec envie dans un selfie à deux.
La misère de l’appartement n’a rien ajouté à mes connaissances pour la décoration d’une chambre et j’ai évité de poser avec attention mon regard sur le peu d’objets etniques parsemés, sans ordre, sur l’étagère et sur la petite table avec de taches , azures, délavées.

Du rhum et la voix de Compay Segundo m’ont fait connaître , enfin , le parfum d’ Hector, gentil comme les autres Pedros, Juans , Nelsons…

Autrefois, pendant mes nocturnes excursions à Brixton avec Baz et nos amis, tout était plus relaxant et drôle. On arrivait en voiture, en compagnie de gens bien connus et on était immédiatement à l’aise, la danse , l’alcool faisaient le reste.

Ce matin pas  » d’alegria  » mais le deux heures et demie ont passé vite . Loins d’une ambiance classe , j’ai toutefois savoureusement goûté ma séquence. La danse ,la social danse d’antan , sauce de mes humeurs et réveil joyeux de mon corps trop souvent endormi, forcé à dormir, m’a fait oubliertout et être là, juste là.

Mes cubains, sont comme un beau collier de pierres lumineuses, bien entaillées à l’l’école du plaisir, ils sont l’ éclat lumineux sans l’obligation du demain, des touche peau, chatouillement au vol de mon être avide et trop confus.

Maintenant un long café ,sans sucre, au Costa, pour m’insuffler l’l’arôme de l’espresso et du cappuccino si confortant et au goût de la pause authentique.J’en ai besoin, avant de monter sur le train pour Slough et rentrer dans ma verte suburbia de ménagères part-time, sans obligation de sincérité.
Ce n’est pas l’ideal la rencontre avec un Hector , un froid matin d’octobre , ici dans cette ville anonyme sans panorama à empresser dans mes rétines avides d’ancient et des rouelles da ma Parme.

Je déteste remonter sur les trains sales de la First Greater Western et chercher une place parmi les énormes coupes de carton vides de café bouillon,quelque Big Issue et tout l’ensemble des Metro , fouillés par qui sait combien de voyageurs distraits , tristes ou simplement absents, pendant leur voyage de banlieusards forcés.

Mon petit café est déjà fini.
Je sors entourée de ma bulle sensuelle et aromatique, je sais déjà qu’elle va être percée en descendant sur le trottoir de la ville au nom ridicule et imprononçable.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Slough_high_street_-_geograph.org.uk_-_12213

 

 

Part two

 

26/11/2014

Encore un novembre dangereux.
L’autoroute M3 est un splash lumineux les soirs de pluie et de brouillard. Je passe à coté de la grande foret et toutes mes peurs bouillonnent me rappeler la folie de mes sorties nocturnes.
Lundi au boulot, ce retour se transformera en récit humoristique entre Millie, Cindy et moi je retrouverai l’envie de chercher encore, je ne me souviens plus quoi.
Je ne crois pas boire vraiment. Mais trois verres de vin rouge je les goûte habituellement comme j’aimerais savourer les regards d’admiration de mon partenaire sur le dance floor. Dommage qu’il arrive a Brixton, avec son ami, déjà complet de whisky, un corps qui bouge au rythme de la musique, un corps qui me charme pour l’insaisissabilité de son esprit.
Mon Ben Gazzara du 21ième siècle, mon homme du Kent, murmures doucement ses rages et son désir de m’avoir juste avec son accent, sa face de Janus cache si bien le vide d’une vie riche seulement d’échecs.
Moi je gratte en permanence autour de ces conteneurs British un peu défaits, flottants sur les eaux boueuses de leurs quotidiens.
Ma dentelle inutile et chère autour de mes cuisses, me réchauffe mal, surtout car encore une fois elle n’a pas ouvert une communication visuelle, une approche à la découverte globale.
Je vais l’admirer et effleurer avec la lenteur -indispensable- toute seule dans ma chambre plus tard, si j’arrive à remonter cette marée de trafique qui semble m’ensevelir derrière ma voiture et qui de chaque coté crée l’irréelle multiplication des gouttes en kaléidoscope cauchemardesque.
Avec moi, pendant ce retour baigné de pluie empoisonneuse, densément noire de nuit , j’emmène le froid d’un dance sensuelle mais à la participation divergente.
Il y a une heure, j’étais là : libre, tendre, mes sens alertés pour cueillir un instant de communication profonde, le désir de mon être, pas la fougue de n’importe quelle femme. Mais non, je sors, parfois deux soirs par semaine, je fabrique l’anticipation fantastique aux ourlets érotiques de mes sorties décevantes et je suis prête à recommencer ce jeu sans gagnants.
Hier, en achetant le vernis gris pour mes ongles, j’ai entrevu Alex.
Elle avait l’air repue de la fille sédentaire, qui a arrêté la recherche de l’homme, au moins pour un temps. Son Richard a l’air bête mais il aime la compagnie de ses amies, boit au pub avec elle, ne regarde pas les autres filles pendant leur tour des cafétérias le samedi après midi, il l’aide même à remettre en ordre les deux fauteuils de leur salle de séjour, avant de sortir avec son chien.
Presque arrivée, enfin !
Encore deux kilomètres de route pour passer devant Ascot racecourse et je suis chez moi. J’espère dormir et commencer avec le sourire mon dimanche bien méritée, les réflexions pourront attendre.
J’en ai fait seule, avec le support des amis, d’une amie; puis j’ai repris le train, la voiture, mon smartphone, mon portable pour attraper la vague d’un être qui m’a effleuré, juste par hasard et que j’ai mystérieusement voulu.

20 octobre, 2014

Une amoureuse un peu spéciale

Classé dans : 2014,Amore,Un peu de moi... — galatea @ 16:55

guga147

 

 

 

Dans les fumoirs des mots

la vue se brouille

le souffle se brume

et quand l’automne revient irascible

sur le chemin qui emmène à toi

alors palissent ses souvenirs

Confuse , elle part

dans les forets du vivre simple

où la nature

douce se transforme

et peu à peu fait à nouveau entendre

les sons du juste

la voix du coeur

Efface tes doutes

cher ivre du vers

elle demeure la nymphe danseuse

qui silencieuse reste plongée

dans la lagune des tes pensées

 

L’école de la poésie par Léo Ferré.

Classé dans : 2014,Citations,Liens — galatea @ 12:09

L’école de la poésie par Léo Ferré.
Texte intégral de la préface du livre « Poète… vos papiers! »,

La poésie contemporaine ne chante plus. Elle rampe.
Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les
mots mal famés, elle les ignore. Cela arrange bien des esthètes que
François Villon ait été un voyou. On ne prend les mots qu’avec des gants:
à « menstruel » on préfère « périodique », et l’on va répétant qu’il est des
termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du codex. Le
snobisme scolaire qui consiste à n’employer en poésie que certains mots
déterminés, à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques,
médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du
rince-doigts et du baise-main. Ce n’est pas le rince-doigts qui fait
les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse. Ce n’est pas le
mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot.

L’alexandrin est un moule à pieds. On n’admet pas qu’il soit
mal chaussé, traînant dans la rue des semelles ajourées de musique. La
poésie contemporaine qui fait de la prose en le sachant, brandit le
spectre de l’alexandrin comme une forme pressurée et intouchable. Les
écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s’ils ont leur compte
de pieds ne sont pas des poètes: ce sont des dactylographes. Le vers est
musique; le vers sans musique est littérature. Le poème en prose c’est de
la prose poétique. Le vers libre n’est plus le vers puisque le propre du
vers est de n’être point libre. La syntaxe du vers est une syntaxe
harmonique – toutes licences comprises. Il n’y a point de fautes
d’harmonie en art; il n’y a que des fautes de goût. L’harmonie peut
s’apprendre à l’école. Le goût est le sourire de l’âme; il y a des âmes
qui ont un vilain rictus, c’est ce qui fait le mauvais goût. Le Concerto
de Bela Bartok vaut celui de Beethoven. Qu’importe si l’alexandrin de
Bartok a les pieds mal chaussés, puisqu’il nous traîne dans les étoiles!
La Lumière d’où qu’elle vienne EST la Lumière…

En France, la poésie est concentrationnaire. Elle n’a d’yeux
que pour les fleurs; le contexte d’humus et de fermentation qui fait la
vie n’est pas dans le texte. On a rogné les ailes à l’albatros en lui
laissant juste ce qu’il faut de moignons pour s’ébattre dans la basse-cour
littéraire. Le poète est devenu son propre réducteur d’ailes, il s’habille
en confection avec du kapok dans le style et de la fibranne dans l’idée,
il habite le palier au-dessus du reportage hebdomadaire. Il n’y a plus
rien à attendre du poète muselé, accroupi et content dans notre monde, il
n’y a plus rien à espérer de l’homme parqué, fiché et souriant à
l’aventure du vedettariat.
Le poète d’aujourd’hui doit être d’une caste, d’un parti ou du Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé. Enfin, pour être poète,
je veux dire reconnu, il faut « aller à la ligne ». Le poète n’a plus rien à
dire, il s’est lui-même sabordé depuis qu’il a soumis le vers français aux
diktats de l’hermétisme et de l’écriture dite « automatique ». L’écriture
automatique ne donne pas le talent. Le poète automatique est devenu un
cruciverbiste dont le chemin de croix est un damier avec des chicanes et
des clôtures: le five o’clock de l’abstraction collective.

La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la
musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa
typographie n’est pas finie; elle ne prend son sexe qu’avec la corde
vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. Il
faut que l’oeil écoute le chant de l’imprimerie, il faut qu’il en soit de
la poésie lue comme de la lecture des sous-titres sur une bande filmée: le
vers écrit ne doit être que la version originale d’une photographie, d’un
tableau, d’une sculpture.
Dès que le vers est libre, l’oeil est égaré, il ne lit plus qu’à plat; le
relief est absent comme est absente la musique. « Enfin Malherbe vint… »
et Boileau avec lui… et toutes les écoles, et toutes les communautés, et
tous les phalanstères de l’imbécillité! L’embrigadement est un signe des
temps, de notre temps. Les hommes qui pensent en rond ont les idées
courbes. Les sociétés littéraires sont encore la Société. La pensée mise
en commun est une pensée commune. Du jour où l’abstraction, voire
l’arbitraire, a remplacé la sensibilité, de ce jour-là date, non pas la
décadence qui est encore de l’amour, mais la faillite de l’Art. Les
poètes, exsangues, n’ont plus que du papier chiffon, les musiciens que des
portées vides ou dodécaphoniques – ce qui revient au même, les peintres du
fusain à bille. L’art abstrait est une ordure magique où viennent picorer
les amateurs de salons louches qui ne reconnaîtront jamais Van Gogh dans
la rue… Car enfin, le divin Mozart n’est divin qu’en ce bicentenaire!
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des
fantômes. Qu’importe! Aujourd’hui le catalogue Koechel est devenu le
Bottin de tout musicologue qui a fait au moins une fois le voyage à
Salzbourg! L’art est anonyme et n’aspire qu’à se dépouiller de ses
contacts charnels. L’art n’est pas un bureau d’anthropométrie. Les tables
des matières ne s’embarrassent jamais de fiches signalétiques… On sait
que Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes, que Beethoven était
sourd, que Ravel avait une tumeur qui lui suça d’un coup toute sa musique,
qu’il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok, on sait que Rutebeuf avait
faim, que Villon volait pour manger, que Baudelaire eut de lancinants
soucis de blanchisseuse: cela ne représente rien qui ne soit
qu’anecdotique. La lumière ne se fait que sur les tombes.

Avec nos avions qui dament le pion au soleil, avec nos
magnétophones qui se souviennent de « ces voix qui se sont tues », avec nos
âmes en rade au milieu des rues, nous sommes au bord du vide, ficelés dans
nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions. Le seul droit
qui reste à la poésie est de faire parler les pierres, frémir les drapeaux
malades, s’accoupler les pensées secrètes.

Nous vivons une époque épique qui a commencé avec la machine
à vapeur et qui se termine par la désintégration de l’atome. L’énergie
enfermée dans la formule relativiste nous donnera demain la salle de bains
portative et une monnaie à piles qui reléguera l’or dans la mémoire des
westerns… La poésie devra-t-elle s’alimenter aux accumulateurs
nucléaires et mettre l’âme humaine et son désarroi dans un herbier?
Nous vivons une époque épique et nous n’avons plus rien d’épique. A New
York le dentifrice chlorophylle fait un pâté de néon dans la forêt des
gratte-ciel. On vend la musique comme on vend le savon à barbe. Le
progrès, c’est la culture en pilules. Pour que le désespoir même se vende,
il ne reste qu’à en trouver la formule. Tout est prêt: les capitaux, la
publicité, la clientèle. Qui donc inventera le désespoir?
Dans notre siècle il faut être médiocre, c’est la seule chance qu’on ait
de ne point gêner autrui. L’artiste est à descendre, sans délai, comme un
oiseau perdu le premier jour de la chasse. Il n’y a plus de chasse gardée,
tous les jours sont bons. Aucune complaisance, la société se défend. Il
faut s’appeler Claudel ou Jean de Létraz, il faut être incompréhensible ou
vulgaire, lyrique ou populaire, il n’y a pas de milieu, il n’y a que des
variantes. Dès qu’une idée saine voit le jour, elle est aussitôt happée et
mise en compote, et son auteur est traité d’anarchiste.

Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n’es pas un système,
un parti, une référence, mais un état d’âme. Tu es la seule invention de
l’homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté. Tu es l’avoine du
poète.
A vos plumes poètes, la poésie crie au secours, le mot Anarchie est
inscrit sur le front de ses anges noirs; ne leur coupez pas les ailes! La
violence est l’apanage du muscle, les oiseaux dans leurs cris de détresse
empruntent à la violence musicale. Les plus beaux chants sont des chants
de revendication. Le vers doit faire l’amour dans la tête des populations.
A l’école de la poésie, on n’apprend pas: on se bat.
Place à la poésie, hommes traqués! Mettez des tapis sous ses
pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire,
donnez-lui un bol de riz, un verre d’eau, un sourire, ouvrez les portes
sur ce no man’s land où les chiens n’ont plus de muselière, les chevaux de
licol, ni les hommes de salaires.
N’oubliez jamais que le rire n’est pas le propre de l’homme, mais qu’il
est le propre de la Société. L’homme seul ne rit pas; il lui arrive
quelquefois de pleurer.
N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale, c’est que
c’est toujours la morale des autres.
Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du
désespoir, je voudrais que ces quelques vers constituent pour les hommes
libres qui demeurent mes frères un manifeste de l’espoir.

19 octobre, 2014

Les conseils de Galatea 1

Classé dans : 2014,Journal,Life,Un peu de moi... — galatea @ 13:01

 

bue-stove--heartwarming-secen-of-country-kitchen-87246

 

 

-Prenez un mari bavard et convaincu de savoir résoudre les problèmes de votre village où il vit en étranger
-laissez sur le feu un pot avec 3 litres d’eau
-ajoutez du savon de Marseille en écailles, du bicarbonate de soude , un peu de sel
-sortez avec l’homme bavard dans la véranda et asseyez-vous avec une boisson chaude à siroter avec plaisir
-ouvrez une discussion intéressante qui fait participer vous deux avec passion
-développé vos argumentations pour au moins une demie heure
-n’oubliez pas de faire des variations sensibles et surtout agréables du ton de votre voix
-offrez une deuxième tasse de café chaud et long à votre partenaire pour reinforcer la discussion
-n’oubliez de ne pas descendre dans une vraie querelle
-quand vous sentez-à peine- se répandre autour de vous un parfum âpre de savon brûlé , coupez délicatement votre conversation/dispute, n’oubliant pas de dire : en effet tu as raison sur ce point…
- rentrez dans la cuisine et admirez le lac blanc et mousseux sur le plaque de votre cuisinière en acier
-éteignez le gas
-soulevez les grilles : les maudites projections de grasses. sont détachées et prêtes à disparaître avec quelques… coup d’éponge
Voilà ma première recette.
Je vais continuer…

18 octobre, 2014

texte-d-alain-boudet-sur-la-poesie-contemporaine

Classé dans : 2014,Citations — galatea @ 13:55

 

texte-d-alain-boudet-sur-la-poesie-contemporaine dans 2014 empty * Texte d’Alain Boudet sur la poésie contemporaine *

Message  Clari le Ven 6 Sep 2013 – 20:19

D’un cliché à l’autreLa poésie a, dans la société française et par conséquent dans l’école une image particulière. Ou plutôt, elle en a plusieurs.

Tantôt, on l’associe à une certaine beauté des sentiments et de la nature. Elle serait une voie (et une voix) d’édification et elle provoquerait des émotions qu’elle serait aussi censée traduire. La poésie serait du texte qui nous parle du meilleur de nous, des hommes et du monde.

Tantôt, elle est une matière de rythme et de rimes, une forme qui parle, une activité de virtuose du langage qui existe d’abord pas sa musicalité. Elle respecte des règles, des normes, elle est identifiable au premier coup d’oeil. La poésie serait d’abord un texte ornemental, un écrit décoratif.

Tantôt, elle est manipulation de la langue, expérimentation des sons et des sens dans le choc des mots, leur trituration. Elle se forme dans une manière de déstructuration voire de destruction. Elle expérimente. Elle essaie. La poésie serait une oeuvre de laboratoire.

Tantôt, elle est chargée de mystère et se reconnaît par sa charge d’hermétisme ou sa résistance à l’explication. On n’y comprend pas grand chose, cérébralement et intellectuellement parlant, et c’est d’ailleurs à cela que d’une certaine façon, on la reconnaît. La poésie serait du texte qui nous parle une langue opaque.

Tantôt elle prend les apparences et les allures d’une arme. Elle est chargée des révoltes et des incompréhensions face aux réalités désordonnées du monde. Elle émerge des souffrances intimes et personnelles et s’épanche. La poésie serait alors un cri parfois désespéré, parfois libérateur.

Tantôt, elle semble dialoguer avec l’invisible qu’elle tente de révéler à force de langage. Elle fore la nuit, interroge les doutes, tutoie les espérances, s’inquiète de l’ombre et du vide, réveille les étincelles. La poésie serait une révélation, l’expression du silence habité, une démarche mystique.

Ce que la poésie peut être ?

Ces représentations témoignent toutes de ce que la poésie peut dire sans pour autant cerner ce que la poésie peut être. Il ne s’agit pas d’ailleurs, de tenter une quelconque définition nécessairement réductrice, incomplète et inexacte. C’est en partie parce que, à l’école, on cherche plus souvent à expliquer un poème qu’à écouter ce qu’il nous dit (et pas ce que le poète veut nous dire) que beaucoup sont finalement mal à l’aise avec les poèmes, avec la poésie.
Inutile donc de chercher ce qu’est la poésie. L’important est de savoir ce qu’elle est pour chacun. Pour vous. Pour les enfants. Pour chacun de celles et de ceux qui peuvent en pratiquer l’écoute et la lecture, et peut-être aussi l’écriture. Et j’aimerais partager avec vous quelques convictions qui résultent de mes pratiques d’enseignant, de lecteur, d’auditeur et de poète.

Ce que la poésie apporte

La poésie parle à l’intime. Elle est de l’ordre de l’être, de la vie. C’est là qu’elle prend sens, dans la rencontre non pas de ce que l’auteur a mis dans son texte, mais dans ce qu’un texte nous livre, dans sa manière de nous rejoindre.

Ainsi, la poésie a une dimension sociale. Elle crée bien sûr du lien entre le texte (et donc l’auteur) et le lecteur. Mais elle en crée encore chaque fois qu’un lecteur la porte vers un auditoire. C’est le cas, bien sûr, dans la classe. Pour l’enseignant, dire un poème à haute voix, c’est créer une communauté dans l’écoute et la réception des textes les plus variés. Chacun des auditeurs recevant le texte, y adhérant ou pas selon que le texte le rejoint, le touche, lui « plaît ». Ce peut être l’occasion de prolonger l’écoute par un échange qui aura pour objectif de mieux comprendre ce qui nous parle dans le poème, sans volonté l’explication. On n’a pas nécessairement besoin d’expliquer pour comprendre. Comprendre (« cum-prendere ») c’est d’abord prendre avec soi intérioriser, ressentir, faire résonner le texte en soi.

La poésie met en oeuvre les multiples sens des mots, les éclaire de tous les possibles, redonne à la langue un éclat parce qu’elle ne fige rien. A chaque lecture, quelque chose bouge, et ce n’est pas nécessairement la même chose à chaque fois. Si bien qu’un texte qui ne nous disait rien hier peut très bien nous parler aujourd’hui. Question d’âge, de disponibilité, d’état d’esprit, d’expérience personnelle. Au delà du propos éventuel de son auteur, c’est dans la vie du lecteur que le poème existe. Il est évident qu’un poème qui parle de la mer par exemple ne sera pas reçu de la même manière par un enfant (ou un adulte) qui connaît l’Atlantique, la Méditerranée ou la mer Baltique. Et que dire de la réception qu’en fera l’enfant qui n’a jamais vu la mer ?…

Enfin, la poésie propose un usage inhabituel de la langue maternelle. L’écriture poétique est libérée des contraintes normatives. Elle privilégie l’étincelle de sens qui naît du choc des mots au détriment du sens qui préexiste aux mots. C’est dans l’écriture que naît le poème. Il n’existe pas avant les mots qui le génèrent. Et c’est dans la lecture qu’il se recompose. Ainsi, fréquenter les poèmes, travailler la manière de les lire et de les dire, expérimenter soi-même les agréments et les difficultés de l’écriture, c’est découvrir des aptitudes et conforter des compétences artistiques. C’est aussi s’approprier une culture personnelle et commune. C’est se constituer un patrimoine culturel et émotionnel. La poésie, en cela, est un chemin d’épanouissement. Il importe que, fort de ces constatations, chacun, dans l’école, contribue à développer des pratiques et des approches de la poésie susceptibles de permettre aux enfants de devenir, adultes, des lecteurs de poésie.

Trois caractéristiques de la poésie contemporaine

Considérant la poésie telle qu’elle s’écrit aujourd’hui, je voudrais rapporter ici quelques caractéristiques que Georges Jean avait relevées les concernant, lors d’un colloque auquel je participais au centre Georges Pompidou sur ce même thème de « L’enfant et la poésie » en 1986, et qui me semblent, aujourd’hui encore, toujours pertinentes.

La première caractéristique, c’est que la poésie contemporaine raconte moins que celle des siècles passés. Elle est davantage une poésie qui traduit, comme le disait Bachelard, une « intuition de l’instant ». Le poème s’inscrit moins dans une durée, une temporalité, avec un avant, un pendant, et un après. Cela ne veut pas dire que le langage poétique d’aujourd’hui est figé, désincarné, extérieur aux événements, mais il me semble que l’on pourrait dire que la durée commence avec lui, qu’il crée l’évènement plus qu’il n’en rend compte. Et si l’on disait que le poème témoigne, ce n’est pas parce qu’il serait témoin à charge ou à décharge de l’époque ou de l’expérience individuelle. Ce serait davantage comme une marque, une trace, un signe fiché dans le tronc de l’arbre pour bouger avec le temps qui passe, s’altérer lui-même, se déplacer dans la mémoire de l’arbre. Ou encore comme la concrétion, la cristallisation de l’émotion d’un moment, que les mots cisèlerait pour en rendre compte. Ce cristal, cette trace, ce témoin fragile et inaltérable à la fois, c’est le poème. Dans 50 ans, le poème d’aujourd’hui aura bougé beaucoup plus dans l’épaisseur du sens, de la compréhension, de la mémoire des hommes, que n’a bougé pour nous un poème du 19ème siècle. On dit d’ailleurs parfois que les poèmes sont éternels, et souvent, c’est à la poésie passée (je n’ai pas dit dépassée), que l’on fait allusion, comme à un patrimoine sensible de grande valeur. En général, la poésie contemporaine ne reflète rien d’autre qu’elle-même, et c’est à partir du poème que tout commence, un peu comme si le reflet créait le miroir.

Dès lors, et c’est une seconde caractéristique qui découle de la première, la poésie d’aujourd’hui est souvent chargé d’images à ras bord. Elle a souvent recours à la métaphore. Elle est productrice d’images, elle évoque, éveille pour le lecteur une multitude d’images. Je l’ai maintes fois remarqué lors de mes animations avec des enfants, mais aussi avec des adultes. J’ai souvent recours, pour exprimer ce phénomène, à cette comparaison ; le poème est un peu comme une boîte qui renferme du concentré de tomate, ou encore à un flacon d’essence de parfum. L’un comme l’autre libèrent dans l’instant une puissance de goût ou d’odeur qui saisit les sens, et les comble (ou les rebute). Et la puissance libérée est bien supérieure à ce que la taille de la boîte ou du flacon pouvait laisser supposer.

Très souvent, les poèmes contemporains laisseraient perplexe l’enfant (et parfois l’adulte) s’il s’agissait de les appréhender raisonnablement. Mais ces poèmes sont chargés d’un potentiel émouvant (c’est-à-dire qui fait bouger en nous, qui nous remue) qui amorce souvent chez le lecteur ou l’auditeur des constructions imaginaires variables selon les individus en quantité et en intensité.

Enfin, la poésie contemporaine tend un miroir de ce qu’est le monde dans sa richesse et sa diversité. Les formes classiques d’écriture ont éclaté, libérant la parole poétique, et les poètes aujourd’hui ont dû reconstruire en eux d’abord des rythmes qui sont leur « respiration poétique ». Je me rends compte ainsi, que tel poète ami qui est asthmatique (je pense à José Millas-Martin) a une écriture haletante qui n’appartient qu’à lui, et que tel autre qui, comme moi, écrit beaucoup en marchant, sur les chemins ou dans sa tête, écrit des textes qui respectent le rythme de la marche, et qui se prêtent bien à être dits en marchant. L’écriture poétique aujourd’hui me semble davantage « respirée », plus proche des rythmes vitaux, moins ornementale que la poésie des siècles antérieurs, même s’il faudrait apporter des nuances à ce propos. Je voudrais dire en passant qu’il s’écrit encore aujourd’hui une poésie très ornementale, qui n’est peut-être d’ailleurs qu’ornement. Il y a sans doute actuellement plus de poètes qu’il n’y en a jamais eu, qui écrivent dans la langue d’aujourd’hui, parce qu’écrire met en jeu ce qui essentiel : le rapport de l’homme à lui-même, et au monde, par le truchement du langage et de son épaisseur vécue, de ce que l’on pourrait appeler l’expérience. C’est sans doute ce qui explique que parmi les jeunes que je fréquente, tout comme vous, sans doute, il en est de nombreux qui écrivent, et pas seulement des journaux intimes, mais aussi de la poésie. Et c’est d’abord en cela que la poésie importe. Elle est peut-être le mode d’expression le plus immédiatement adopté par qui veut écrire, et ce jaillissement est essentiel. Mais ne fait pas de tout individu qui en est l’auteur, un poète, car il reste, au delà de l’immédiateté, de l’envie de dire, le nécessaire travail de « potier » du langage.

Alain BoudetPédagogue – Poète

Viaticus

Classé dans : 2014,Amore,Liens,Life — galatea @ 11:41

528124_424825347574697_526671736_n

 

 

 

On depose nous gouttes de vie

Sur l’autel des liaisons

Viaticus

Pour nos voyages

Dans le meandres

Des nos etres

Et de notre mysterieuse

Aventure

 In italiano…

Deponiamo

le nostre gocce di vita

sull’altare  dei legami

viatico

per i nostri viaggi

nei meandri dell’essere

e della nostra misteriosa

avventuea

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

 

15 octobre, 2014

Foliaire

Classé dans : 2014,Amore,Brevi — galatea @ 11:41

 

Foliaire
Galatea belga
Date de l’envoi : 2014-10-14 14:48:46

M. Peyroux
Nom du site

Photo personnelle
Foliaire dans 2014 10710610

Au bord de tes mots
Je vis ma vie
Repue
Sereine

Sur tes feuilles
Je trouve mes couleurs
Mes nuances jolies
Le beau
L’espoir
Mes lendemains

Sur le limbe de tes pensées
Je rêve
Je me nourris
Curieuse
Heureuse
Ravie

5 octobre, 2014

Liquide

Classé dans : 2014,In italiano,Life,Un peu de moi... — galatea @ 21:07

Liquide
Ici et là
Je fais des petits barrages
Échos de la musique
Des jours mélodieux
Notes de mots
Sans la nuance bleu
Et je m’abreuve
Pour me remplir
De jours soleil
De la force du faire
Et d’un esprit
Qui fut le mien

32162_553454574675558_384425419_n

Liquida

qui e là

creo accenni di dighe

echi di musiche

note di parole

senza la sfumatura blu

e mi disseto

per riempirmi

di giorni di sole

della forza del fare

e di uno spirito

che fu il mio

3 octobre, 2014

L’Homo Poeticus

Classé dans : 2014,Les autres,Racconti/nouvelles — galatea @ 22:45

 

agapanthus-africanus

 

 

Comme l’homme préhistorique , il dort peu. Son anxiété n’est pas causée par des possibles prédateurs, il craint de rater les rendez vous avec sa Muse et il veille.

Il a un sommeil polyphasique, quelque chose comme un quart d’heure toutes les deux heures, un peu comme Leonardo, et apparemment cette habitude donne des fruits: il produit des trois à quatre poèmes par jour et en plus il bosse, taquine , cherche, contemple, rumine…rêve.

L’aube le surprend habituellement avec son Azerty, un vieux pull-over rouge , bien confortable qui l’embrasse et absorbe le bon parfum de l’arabica dans sa tasse préférée en porcelaine blanche. Son bord épais ressemble au bord d’une lèvre de déesse , charnue, humide de crème dense, épicée, intense.

L’Homo Poeticus retourne dans son refuge douillet, ses bras d’ouate qu’il cherche comme un enfant. Les blanc des parois est un écran pour ses fantaisies, ses déserts animés, ses plaines, ’l’étang silencieux, , la mer où dansent ses sirènes capricieuses et inspiratrices.

Mais bientôt la nécessite d’écrire le réveille encore. L’aurore l’attend.La lumière teint à peine les rondeurs de Grès friable des collines, les vignes deviennent peu à peu visibles et, sur le fond , le bleu de la mer qui se confond encore avec le ciel.

Le poète sort, ombre parmi les ombres des son jardin. Les branches du cerisier touchent délicatement ses cheveux , peut être un merci pour les places d’honneur dans ses poèmes. L’agapanthus bleu ressent sa mains tiède sur les longues feuilles et pardonne la sécheresse pâtie, les semaines d’oubli d’arrosage du poète fiévreux et solitaire.
La douche, avant de sortir et se mélanger avec les autres, les non poètes lave , fait gargouiller

La douche, avant de sortir et se mélanger avec les autres, les non-poètes, lave ses membres, dilue le sel de son regard , fait gargouiller dans les entrailles de sa maison vide ses visions, ses sons et les rimes niés.
Plus tard, à la mer , elle seront , propres et disponibles pour être composées et exposées dans l’air.

 

Adorable Rencontre |
juno39 |
Du polar à lier |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Instantanés littéraux d'Afr...
| Réflexions pédagogiques par...
| Abandons